Balayeuses - En panne d’aspiration ?

19 septembre 2018 - Par Marilyn Préfontaine

Au nombre de personnes qui foulent le sol d’un établissement, il est normal que la poussière, le sable et les autres résidus voyageant sous les semelles s’y retrouvent. Sans compter les dégâts de nourriture et les déchets qui ont parfois du mal à trouver le chemin des poubelles. Utilisé quotidiennement (ou presque), l’aspirateur devient donc un allié de premier plan.

Précieux critères

Comme pour n’importe quel achat, de précieux critères peuvent vous guider dans la sélection des appareils de nettoyage. Le coût influence beaucoup le choix d’un aspirateur, et la fourchette de prix est très vaste : de 150 $ à 800 $ l’unité. L’achat multiple devient alors avantageux.

Prudence toutefois si vos sols sont recouverts de tapis ou de moquette. « Les aspirateurs bas de gamme font en sorte qu’il est plus difficile par la suite de nettoyer le tapis. Un bon aspirateur peut à l’inverse prolonger sa durée de vie », souligne Gino Savard, président d’Onys, entreprise spécialisée en vente et réparation d’équipement de nettoyage de sols.

La durée de vie d’un aspirateur devrait être de huit à dix ans en cas d’utilisation normale. Un moteur utilisé environ quatre heures par jour pourra durer trois ou quatre ans avant de devoir être remplacé. La qualité des fils n’est pas non plus à négliger, car certains finissent par se tordre.

L’enjeu du poids de l’appareil est important. « Le fait d’avoir besoin d’appareils avec un sac de grande capacité fait en sorte que les modèles sont gros et lourds à manipuler », affirme Sylvain Drouin, professeur à l’ITHQ.

Comme les préposés consacrent en moyenne 90 minutes par jour à passer l’aspirateur, il est primordial de leur fournir un outil de travail qui s’utilise aisément. « La hauteur doit être réglable en fonction de la taille du préposé, de son bras et de son coude », précise Marine Trehudic, qui enseigne elle aussi à l’ITHQ.

Pour limiter les accidents de travail, on doit penser à un appareil qui évite les mouvements répétitifs et n’oblige pas les préposés à se pencher. « Quand on le pousse, l’aspirateur devrait pouvoir avancer seul. Le cas échéant, cela signifie que le réglage de l’appareil est adéquat. L’utilisateur devrait sentir le poids uniquement en reculant l’aspirateur », mentionne le président d’Onys.

La réputation, la polyvalence de l’appareil, sa facilité d’entretien, le coût des sacs et la puissance du moteur sont d’autres éléments à vérifier avant l’achat.

Dans l’univers des aspirateurs, les possibilités sont nombreuses.

Avec ou sans sac ?

La plupart des hôtels et des institutions utilisent des aspirateurs à sac. « Normalement, la responsabilité de les changer revient au personnel d’entretien », mentionne Sylvain Drouin.

À sec ou à eau ?

Les aspirateurs à sec sont majoritairement utilisés dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration, ainsi que dans les services institutionnels. « Il est par contre possible que certains petits gîtes utilisent des aspirateurs à eau. Toutefois, leur utilisation est potentiellement plus compliquée », précise l’enseignant. Bien que non destiné à un usage quotidien, l’aspirateur à eau peut être utile lorsqu’il y a un dégât d’eau majeur ou pour faire un deep cleaning. « Certains hôtels qui acceptent les chiens peuvent utiliser les aspirateurs à eau puisqu’un nettoyage plus important est alors nécessaire », précise Marine Trehudic. L’aspirateur à eau peut également être utilisé l’hiver, pour nettoyer les tapis d’entrée. « Comme le calcium peut percer le sac de l’aspirateur, il est préférable d’utiliser un aspirateur combiné à eau et à sec pour optimiser la récupération du sel et du calcium », conseille Gino Savard.

Avec ou sans fil ?

À première vue, un modèle sans fil semble un choix pratique, mais celui-ci est peu adapté à l’hôtellerie. « Ces modèles sont faits pour un usage de 30 minutes. Une préposée ne peut pas aller le remettre sur sa charge à tout moment », souligne Sylvain Drouin. Les aspirateurs électriques munis d’un fil demeurent l’équipement le plus répandu et ils se déclinent en deux modèles : à chariot avec l’aspirateur en arrière et l’upright, soit un aspirateur vertical avec sac intégré au manche.

L’aspirateur-traîneau est plus difficile à diriger, mais plus léger. La capacité de son sac est plus grande, mais lorsqu’on se penche pour le passer sous des meubles, on peut les érafler avec le tuyau en métal. Quant au modèle vertical, il se dirige plus aisément, car l’appareil est devant soi, mais il est plus lourd. « C’est une question de préférence par les préposés », affirme Sylvain Drouin. En milieu hôtelier, les deux types d’aspirateurs sont utilisés à proportions égales.

L’aspirateur dorsal, enfin, est idéal pour nettoyer les grands espaces, les escaliers et les endroits en pente. Gino Savard suggère un dorsal électrique doté de 50 à 60 pieds de fil.

Pratique, le manuel ?

Le modèle manuel est à privilégier lorsqu’il faut limiter le niveau sonore comme dans les halls d’hôtel ou les restaurants. Il est pratique pour enlever le sel, les petits cailloux et les résidus laissés par les bottes d’hiver. Certains hôtels ont également commencé à utiliser le modèle manuel quand les chambres sont en « recouche » : la quantité de poussière est alors réduite, et on évite d’user le tapis en passant la balayeuse tous les jours. « On l’utilise également pour enlever le sable : il permet de faire un entretien propre sans avoir à faire la ‘‘totale’’. Cela prend moins de temps », précise Sylvain Drouin.

Au Ritz Carlton Montréal, on utilise ainsi un aspirateur manuel Bissel ou le Dyson V6 Slim avec manche aspirateur manuel pour le tapis de la réception et le tapis extérieur du portier. Il s’utilise rapidement entre le passage de deux clients.

Utile, le modèle autonome ?

Alors que, dans le domaine résidentiel, les aspirateurs autonomes ont commencé à envahir les maisons, l’option n’est pas aussi alléchante en HRI. « La préposée ne peut pas attendre que la balayeuse ait terminé. Il y a en outre des risques pour la santé et de sécurité si elle utilise la balayeuse autonome pendant qu’elle est dans la chambre », prévient Sylvain Drouin.

De plus, l’équipement de nettoyage ne peut pas être laissé dans la chambre pendant que le personnel s’attarde à une autre tâche. « Le client peut arriver à tout moment. Et dans le cas d’une chambre en départ avec une arrivée prévue, on ne peut pas attendre que la balayeuse ait fini. »

La recharge serait problématique, et il serait coûteux de prévoir deux appareils par préposé.

À chacun son appareil

La gestion des aspirateurs peut parfois créer des tensions entre les préposés. « Dans le meilleur des mondes, il devrait y avoir un aspirateur par préposé, avec un backup de 5 à 10 % du total des appareils afin de pallier les bris ou les problèmes d’aspirateurs », conseille Sylvain Drouin. Un partage d’aspirateurs rime souvent avec une perte de productivité.

Au Ritz Carlton Montréal, on fournit un appareil par employé d’entretien. « Ils sont habitués à manipuler leurs propres outils de travail. Ils y font attention comme à la prunelle de leurs yeux. Un aspirateur par personne évite beaucoup de maux de tête », assure Louis-Philippe Talbot, directeur adjoint de l’hébergement.

Le défi du silence

Le son d’un aspirateur en marche peut être agaçant pour la clientèle, mais ce n’est pas un enjeu majeur en hôtellerie puisque le client est rarement là quand l’entretien est fait. Les appareils modernes sont en outre moins bruyants, et chaque compagnie travaille fort pour diminuer le niveau sonore. « Une bonne aspiration associée à un appareil silencieux, c’est tout un défi », assure Gino Savard. En commercial, une moyenne de 65 à 69 décibels est acceptable.

Pour les hôpitaux, le modèle VP300 Nilfisk est approuvé quant au niveau du bruit.

Innovations

Contrairement à d’autres secteurs plus technologiques, le domaine de l’aspirateur est plutôt stable et connaît peu d’innovations. « Ça demeure un univers qui évolue lentement à cause des contraintes liées à l’appareil », constate Sylvain Drouin. Les nouveautés se situent davantage du côté du résidentiel.

Les professionnels s’entendent à dire que les aspirateurs de demain seront plus légers à cause des nouveaux plastiques, plus solides et plus robustes. Les aspirateurs autonomes devraient à leur tour faire leur entrée dans le monde commercial ; pour l’instant, le marché n’est cependant pas prêt. On s’attend, enfin, à avoir accès à des piles ayant une autonomie d’une journée ou à des chargeurs ultrarapides permettant d’éliminer les balayeuses à fil.

Quoi qu’il en soit, l’aspirateur demeure la dernière étape avant que le client entre dans sa chambre, l’outil de finition par excellence. Il importe de bien le choisir !

Place au central ?

En France, l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) présente, dans une vidéo, un modèle d’aspirateur central en milieu hôtelier. Ce type de produit est très apprécié des préposés puisqu’il est puissant et silencieux et qu’il n’y a pas de déplacement d’appareil ni de sac à changer. L’appareil exige toutefois une installation importante puisqu’il faut passer des colonnes verticales et horizontales partout dans l’établissement ; il représente toutefois un investissement à long terme. Par contre, le fait de n’avoir qu’un appareil pourrait aussi représenter un risque pour l’établissement en cas de bris.

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