Avantages sociaux et salaire minimum : Retour sur la « saga Tim Hortons »

9 janvier 2018 - Par Pierre-Alain Belpaire

 
L’année 2018 n’en est qu’à ses débuts mais l’industrie de la restauration canadienne a déjà été secouée par une virulente polémique. Pour ceux qui reviennent de voyage ou qui n’auraient pas suivi l’actualité, HRImag fait le point sur le brûlant dossier « Tim Hortons ».
 
 

  • 1er janvier 2018

Lors du passage à l’an neuf, le salaire minimum offert en Ontario observe une hausse spectaculaire, passant de 11,60 dollars l’heure à 14 $. « Les serveurs de boissons alcoolisées ont vu leur salaire minimum grimper de 10,10 $ l’heure à 12,20 $ l’heure, précise un texte de l’agence QMI. Quant aux étudiants de moins de 18 ans, ils doivent désormais être payés au moins 13,15 $ l’heure, contre 10,90 $ l’heure auparavant. »

  • 3 janvier

Différents médias annoncent que la franchise Tim Hortons de Cobourg, propriété des enfants des cofondateurs de la célèbre enseigne, a décidé de réduire les avantages sociaux de ses employés en raison de cette hausse du salaire minimum. Dans un document que le personnel dit avoir dû signer et qui circulait sur le Web, on pouvait notamment lire que « les pauses ne seront plus payées, un quart de 9 heures sera payé pour 8 heures et 20 minutes ». Des avantages accordés aux travailleurs le jour de leur anniversaire ainsi qu’un congé offert aux employés n’ayant pas utilisé de journée de maladie durant six mois sont également annulés. Enfin, « les employés du restaurant devront aussi assumer de 50 à 75 % du coût de leur régime d’assurance, autrefois couvert à 100 % », rapporte CBC.

  • 5 janvier

Kathleen Wynne, première ministre de l’Ontario, réagit et accuse les dirigeants du Tim Hortons de Cobourg « d’intimider des employés (…) en diminuant leurs avantages sociaux face à l’augmentation du salaire minimum dans la province », leur demandant « de s’en prendre à elle plutôt que de pénaliser leurs employés pour une politique qui a été adoptée par son gouvernement ».

Le siège social de Tim Hortons qualifie quant à lui d’ « insouciante » et de « complètement inacceptable » la décision de certains de ses franchisés d’éliminer les pauses rémunérées de leurs employés et de réduire leurs avantages sociaux pour s’ajuster à la hausse du salaire minimum en Ontario. L’entreprise affirme dans un communiqué que ces coupes « ne reflétaient pas les valeurs de notre marque, les opinions de notre entreprise ou les opinions de la grande majorité de nos propriétaires de restaurants qui travaillent fort ». Selon l’entreprise, le personnel « ne devrait jamais être utilisé pour promouvoir des opinions ou être traité comme une simple dépense ».

  • 6 janvier

Une ligne téléphonique est mise en opération, qui devra permettre aux travailleurs de dénoncer « les entreprises qui coupent dans les conditions de travail en réaction à la hausse du salaire minimum », annonce le Ottawa and District Labour Council, un regroupement des syndicats de la région d’Ottawa.

  • 8 janvier

Le gouvernement ontarien annonce son intention de sévir contre ceux « qui tenteraient, illégalement, de réduire les avantages consentis à leurs employés pour compenser la hausse du salaire minimum décrétée dans cette province ». « Il est tout à fait inacceptable — et immoral — que certaines entreprises s’en prennent à leurs employés. Ce genre d’intimidation n’a pas sa place dans cette province. J’espère vraiment que ces entreprises prendront un peu de recul et annuleront leur décision », souligne le ministre ontarien du Travail, Kevin Flynn.
 
 
(Avec La Presse Canadienne / Photo prétexte)

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