Auberges de jeunesse : L’union fait (et fera) leur force

 
17 juillet 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

En août dernier, Hugo Leblanc-Dufour, co-fondateur de l’Auberge des Balcons, à Baie-Saint-Paul, dévoilait le concept Pak-Sak, un projet visant à regrouper, sur une même plateforme, les auberges de jeunesse du Québec. Onze mois plus tard, le jeune entrepreneur annonce le lancement officiel de ce nouvel outil.
 

HRImag : Hugo Leblanc-Dufour, une année presque complète s’est écoulée entre la présentation du projet et sa concrétisation. Pourquoi ?

Effectuer un lancement officiel dès l’été dernier, ça aurait été un peu serré, tant en termes techniques qu’au niveau du nombre de membres. À l’époque, j’en avais 6 à peine. Depuis, j’ai contacté toutes les autres auberges de jeunesse (il y en a une soixantaine dans la province, ndlr) et j’en ai visité environ 40.

Avec quel accueil ?

S’il est toujours plus difficile d’avoir un échange constructif par courriel, je dois avouer que, lorsque j’ai pu me rendre sur place, j’ai toujours eu un très bon accueil. Entre aubergistes, il y a une belle solidarité. La plupart des collègues étaient intéressés par l’idée de Pak-Sak et par ce que la plateforme pourrait leur apporter, mais certains préféraient attendre un peu avant de s’engager.

Aujourd’hui, à l’heure de le lancer officiellement, combien de membres compte le réseau ?

18. Un excellent résultat. Et on a différents contacts qui pourraient aboutir prochainement. Je suis très heureux.

Quel est le profil-type de ces membres ? Et où sont-ils majoritairement situés sur le territoire ?

Ce sont surtout de jeunes auberges, ouvertes voici peu. Pourquoi ? Parce que plusieurs établissements bien établis sont déjà membres d’un autre réseau, international. Côté répartition, on est déjà très présents dans le coin de Charlevoix et du Saguenay, assez bien aussi en Gaspésie. C’est plus difficile de rentrer à Montréal ou à Québec, qui comptent à elles deux une douzaine d’auberges de jeunesse, mais je ne désespère pas du tout. On vient d’ailleurs de signer notre premier membre à Montréal. Patience !

La COVID-19 a-t-elle eu un impact sur votre calendrier de lancement ou sur le recrutement de ces membres ?

Un peu… J’avais prévu un lancement en juin, pour coller avec le début de la haute-saison touristique, mais comme les auberges de jeunesse n’ont reçu le « go » du gouvernement pour rouvrir que le 25 juin, ça aurait été inutile. Et sans doute mal compris. J’avais aussi prévu en juillet une « Tournée Pak-Sak », qui devait proposer aux clients de visiter quatre auberges et d’assister à un spectacle dans chacune d’entre elles. Le projet s’est vite retrouvé sur la glace.

En ces temps particuliers, les professionnels de l’industrie ressentent le besoin de se rassembler. On a ainsi récemment assisté au lancement de la Nouvelle Association des Bars du Québec (NABQ), de l’Association des Professionnels de la Restauration du Québec (APRQ), du Réseau québécois Aubergiste ! ou encore de l’Association des micro-distilleries du Québec (AMDQ). Quels avantages auront les propriétaires d’auberges de jeunesse à rejoindre Pak-Sak ?

La force du réseau ! Tenez, durant le confinement, en plus d’avoir sur le site Web un forum réservé aux aubergistes, j’ai créé un groupe Facebook qui les réunissait. Ils se sont entraidés, ils se partageaient les annonces du gouvernement, les commentaient, se donnaient des conseils pour les programmes de subventions et de prêts… Pak-Sak, ça doit aussi être un moyen de faire entendre leur voix, de contacter ou d’interpeller les élus.

Après plusieurs semaines de fermeture, après de lourdes pertes financières, les professionnels voudront sans doute aussi trouver un avantage pécuniaire à devenir membre d’une telle association.

Évidemment ! On veut pouvoir négocier des rabais importants, par exemple sur les assurances ou sur tel ou tel produit. Maintenant qu’on a un nombre de membres conséquent et stabilisé, on va pouvoir entamer de telles démarches.

Et pour les visiteurs, quels seront les avantages de voyager au sein du réseau Pak-Sak ?

La plateforme va simplifier leurs recherches. S’ils réservent directement auprès de l’aubergiste (et c’est l’un de nos objectifs prioritaires !), ils recevront aussi un « cadeau de bienvenue » en arrivant à l’établissement. C’est une manière d’encourager les gens à se créer un compte, ça les fidélise aussi. Ce cadeau, ça peut être une café latte, une heure de kayak, la location de vélo, … Et puis, ça commence toujours bien le séjour de se faire offrir quelque chose, non ?

Cet été, les Québécois sont invités à sillonner leur province. Sont-ils de grands amateurs d’auberges de jeunesse ? Si non, comment les convaincre ?

Disons qu’ils en consomment de plus en plus. L’offre est plus large qu’avant et de meilleure qualité. Mais on doit pouvoir faire encore mieux. L’une des missions de Pak-Sak sera justement de faire découvrir au public les petits trésors qu’on a aux quatre coins du Québec. Il y a des Québécois qui ont fait plein d’auberges de jeunesse en Europe et qui ne savent même pas qu’il y en a d’excellentes aussi chez nous. Évidemment, les mesures de distanciation pénalisent un peu les auberges de jeunesse, qui misent habituellement beaucoup sur la proximité, le contact. Mais même avec des ajustements, ça reste des endroits très chaleureux. Et puis d’un autre côté, ce sont des établissements abordables : en ce moment, l’aspect financier peut faire la différence et jouer en leur faveur.

(Photo prétexte. Crédit photo : gery moser / Pixabay)

Pour suivre Pak-Sak :

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