Formation : Comment séduire la relève au cœur de la crise ?

 
4 novembre 2020 | Par Laurence-Michèle Dufour

Bien avant que n’éclate cette pandémie, les secteurs de l’hôtellerie, du tourisme et de la restauration affrontaient une tout autre tempête : la pénurie de main-d’œuvre. Alors que les perspectives de reprise de ces secteurs sont constamment repoussées, ces temps incertains nuiront-ils à la popularité de nos écoles hôtelières et donc à la formation de la relève ?

« L’intérêt général pour les jeunes envers notre secteur était déjà en baisse depuis quelques années, mais la crise sanitaire n’a pas ralenti les inscriptions, rassure Francine Desbiens, enseignante en techniques de gestion hôtelière au Cégep Limoilou. Notre domaine traverse une situation grave, mais il a toujours réussi à se relever, à s’adapter. »

Pour se réinventer, le Cégep Limoilou a ainsi choisi, comme d’autres établissements, d’organiser ses portes ouvertes de façon virtuelle cette année. Et tant l’équipe de communication que les enseignants de l’institution de la Vieille-Capitale ne ménageront pas leurs efforts pour rejoindre parents et futurs étudiants. Le samedi 14 novembre et le mercredi 20 janvier prochains, les programmes en tourisme, en hôtellerie et en restauration seront présentés par les formateurs et certains étudiants en direct des laboratoires pédagogiques du campus de Charlesbourg. Une séance d’information sur trois filières particulières (Techniques de tourisme – DEC bilingue, Techniques de gestion hôtelière et Gestion d’un établissement de restauration) se tiendra, toujours en ligne, le 17 novembre prochain. Enfin, des rendez-vous personnalisés pourront être organisés dans les prochaines semaines.

« On a aussi ajouté des soirées thématiques cette année, tous les mardis et mercredis de novembre, indique Michelle Therrien, conseillère en communication du Cégep Limoilou. Par exemple, lors de la soirée dédiée à la gestion, on va présenter aux élèves, en plus des techniques de comptabilité et de commerce, les programmes d’hôtellerie, de tourisme et de restauration, afin d’élargir leurs horizons ».

Encore méconnus, les métiers de ces secteurs gagneront ainsi à être dévoilés sous toutes leurs facettes. « Les gens n’imaginent pas tout ce qu’il y a derrière, ajoute Francine Desbiens. Ça semble banal et léger parce que c’est du loisir. J’entends encore parfois de médias s’y référer comme des domaines où l’on n’a pas besoin de diplôme. »

Un quotidien à réinventer

En plus de repenser ses portes ouvertes, le Cégep Limoilou sait qu’il devra aussi réévaluer ses méthodes d’enseignement et en revenir à une formule plus classique, moins axée "terrain" et avec des mises en situation fictives. « C’est possible de faire acquérir les compétences des cours ainsi, mais c’est moins branché sur la réalité », déplore Francine Desbiens. Le Cégep devait notamment intégrer dans son programme, dès cet automne, l’apprentissage en milieu de travail, en y dédiant 20 % des heures totales de la session. La COVID a forcé le report de cette initiative.

Même si la pratique sur le terrain n’est évidemment pas possible, l’école reste en contact avec ses partenaires et entend adapter son programme à la nouvelle réalité. Déjà au cœur des projets de fin d’études, les résolutions de problématiques d’entreprise permettent aux étudiants, aidés de leurs enseignants, de proposer des solutions tangibles. « Ce sont des domaines où l’on ne peut pas se reposer sur ses lauriers ; la polyvalence est l’une des qualités que l’on développe dans nos programmes d’études », résume l’enseignante.

(Crédit photo : Gracieuseté Cégep Limoilou)

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