Apimondia 2019 : Miels et abeilles au centre de toutes les attentions

 
26 août 2019 | Par Pierre-Alain Belpaire

Quelque 6 000 participants provenant de 80 pays, 48 symposiums dirigés par des sommités issues des quatre coins du globe, neuf ateliers ouverts au grand public, … Du 8 au 12 septembre, le Palais des congrès de Montréal accueillera la 46e édition d’Apimondia, le plus grand rassemblement international consacré à l’apiculture.

« Ce congrès, qui se tient aux deux ans, existe depuis plus d’un siècle, indique Pierre Giovenazzo, professeur en sciences apicoles à l’Université Laval et président de l’événement. Il avait été organisé à Québec en 1924 et c’est un véritable honneur, une chance immense de pouvoir réunir à nouveau chez nous ces apiculteurs, ces experts, ces chercheurs, ... »

En abordant des thématiques aussi variées que l’apithérapie, le développement durable, la protection des abeilles ou les nouvelles technologies, Apimondia devra réussir l’exploit d’étancher la soif de connaissances et l’infinie curiosité de ces milliers de passionnés. « C’est un événement exceptionnel, réagit Anne-Virginie Schmidt, co-propriétaire des populaires Miels d’Anicet. Cela fait 20 ans qu’avec Anicet (Desrochers, son partenaire d’affaires et de vie, NDLR), on participe à tous les Apimondia à travers le monde. Pour nous, c’est une source d’influence et d’information, ça nous permet de faire des contacts ailleurs, de comparer, de s’inspirer. Et aussi de retrouver notre réseau d’amis et de collègues apiculteurs. On a hâte ! »

Zéro déchets

Pratiquée depuis des millénaires, l’apiculture a opéré une impressionnante mue au fil des dernières décennies. L’arrivée sur le marché de nouveaux équipements, les impacts du réchauffement climatique ou encore les envies de changements des consommateurs, notamment, ont poussé les professionnels à se réinventer. Et s’il est encore loin de compter parmi les « gros joueurs » en termes de volumes produits, tant sur la scène internationale qu’au niveau canadien, le Québec joue les premiers rôles lorsqu’on parle d’innovation ou de qualité du miel. « Les apiculteurs québécois ont été parmi les premiers à comprendre l’importance du développement vertical du miel et de l’utilisation optimale des produits de la ruche », explique Pierre Giovenazzo, citant en exemple la production d’hydromel, de savons, de crèmes ou même de pansements. Une vision « zéro déchets » avant l’heure qui ne manque pas aujourd’hui de séduire le grand public et d’inspirer d’autres pans de l’industrie agroalimentaire.

La province est également à la pointe en matière d’apiculture urbaine. Depuis quelques années, des ruches sont apparues sur les toits de centaines de bâtiments. Et nombreux sont les hôtels et restaurants à avoir souhaité accueillir leurs propres abeilles et produire un miel 100 % local. Avec des succès divers.

« C’est un phénomène très sympa et on ne voit nullement ces apiculteurs urbains comme des compétiteurs, assure Anne-Virginie Schmidt. Au contraire : on leur vend par exemple des bébés-ruches ou on donne des conseille à ceux qui nous appellent. Le danger, ce serait de penser que c’est un simple passe-temps, que c’est facile. Mais c’est un peu plus complexe que d’avoir quelques poules ! Les gens ont parfois tendance à l’oublier. »

Même si les abeilles parviennent à s’adapter parfaitement en ville, l’apiculture urbaine ne remplace pas (et ne pourra sans doute jamais remplacer) celle installée dans nos vertes campagnes. « Ce sont de petits producteurs, avec quelques ruches à peine, poursuit l’universitaire. En face d’eux, certains apiculteurs comptent de 10 000 à 12 000 ruches, ils jouent dans une autre catégorie. Mais le simple fait que, dans nos villes, des citoyens et des professionnels s’intéressent au miel et aux abeilles, qu’ils aient envie de s’impliquer pour la protection de cette industrie et celle de l’environnement est, en soi, une excellente nouvelle. »

Bons élèves

Toujours intéressés à travailler davantage de produits locaux, les chefs et les restaurateurs sont également toujours plus en plus nombreux à se tourner vers les doux nectars québécois. Mais pour sublimer ces complexes saveurs, les rois et reines de nos cuisines ont dû humblement accepter de repartir de zéro, de redécouvrir le miel. « Lorsque vous goûtez pour la première fois à de "vrais" miels, de très grande qualité, c’est comme si vous visitiez une superbe cave à vins », illustre Pierre Giovenazzo. Lors du congrès Apimondia, un atelier de dégustation de miels permettra notamment aux visiteurs d’aiguiser leur palais.

En excellents élèves, les cuisiniers québécois semblent apprendre rapidement et prennent désormais un évident plaisir à magnifier le produit de nos ruches. « Voici une quinzaine d’années, on devait les convaincre, on devait les éduquer ; aujourd’hui, ils ont compris, résume Anne-Virginie Schmidt. Le souci, c’est qu’au Québec, on était - et on reste encore - dans une culture dominée par le sirop d’érable. Mais les apiculteurs ont réussi à se faire une place malgré tout. En 2019, dans la gastronomie montréalaise, voire québécoise, les chefs utilisent bien le miel, ils sont devenus de véritables ambassadeurs. Ils connaissent, ils essaient, ils osent. Et je pense que la plupart s’amusent avec le miel, ce qui n’était sans doute pas le cas avant. »

Pour suivre Apimondia :

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