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Ann-Rika Martin : « J’avais plus peur de m’ennuyer que de la COVID-19 »

 
22 avril 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

Pour prendre le pouls de notre industrie au cœur de la tempête COVID-19, pour « humaniser » cette terrible crise, HRImag a décidé de donner la parole à diverses personnalités ayant figuré, au cours des dernières années, dans nos hors-séries.
 

« Je suis vraiment désolée d’avoir dû reporter notre entrevue. J’étais surchargée de travail hier… »

On vous l’avoue, l’explication avancée par Ann-Rika Martin nous a fait sourire. En ces temps de confinement et alors que notre industrie tourne au ralenti, contacter les professionnels nous apparaît plus simple que d’ordinaire. Et depuis le début de cette série « Personnalités au cœur de la crise », on nous a servi davantage de « C’est quand vous voulez… » que de « Je suis surchargée » !

Entendons-nous bien : la chef du O’Ravito café-relais ne se plaint nullement des dizaines d’heures de travail qu’elle abat chaque semaine depuis la fermeture de son établissement de Saint-Romuald, le 19 mars dernier. Bien au contraire. « Quand j’ai réalisé qu’on allait cesser nos activités, j’ai angoissé pendant trois jours », confie-t-elle. Ne rien faire ? Du tout ? En une quinzaine d’années dans l’industrie, la gagnante de l’édition 2017 des Chefs ! n’avait jamais vraiment arrêté. « Pour être sincère, j’avais bien plus peur de m’ennuyer que d’attraper la COVID-19. J’avais besoin de me trouver une occupation. »

En écoutant ses proches, Ann-Rika Martin décide de se lancer, comme d’autres, dans la confection de menus à emporter. S’inspirant d’ateliers qu’elle dispense à des services d’entraide, elle opte pour un modèle comprenant un potage, deux plats, une collation ou une salade et un dessert. « Simple et convivial », résume-t-elle. Le concept séduit. De 20 portions lors du lancement, la jeune chef conçoit désormais une centaine de boites. « On s’est lancés dans l’inconnu : on n’offrait pas de plats à emporter au O’Ravito, souligne-t-elle. Mais j’ai été bien aidée : ma sœur, qui bosse dans l’événementiel, est arrivée avec ses idées, mon père et sa voiture hybride m’ont accompagnée pour les livraisons, … Et je me suis aussi beaucoup inspirée des premiers commentaires pour adapter notre offre. »

Si la confection de ces repas réconfortants a aidé à remplir les journées de l’active cuisinière, elle a également pour objectif d’aider l’établissement familial à « survivre » en ces temps particuliers. « Ma mère et moi, on était rendues à un point où tout allait plutôt bien, confie Ann-Rika. On préparait un bel été. Au niveau de notre portefeuille, on voyait, au loin, la lumière au bout du tunnel. Et là, hop, il va falloir repasser par les prêts, se remettre en mode "combat". C’est comme rouvrir son entreprise à neuf. C’est vraiment triste. » Les plats vendus durant cet étrange printemps permettront de payer les frais minimum. « On n’avait pas trop le choix : il s’agissait d’être inventif et imaginatif pour garder le cap. Mais bon, on va y arriver. On doit y arriver… »

Et après ? Ravie de la réaction du public, la petite équipe du O’Ravito café-relais pourrait bien conserver sur le long terme une offre de prêt-à-manger, croit la sympathique responsable. Les boites, elles, devraient être proposées durant encore quelques mois, voire un an. « Le temps que l’économie se replace un peu, souffle Ann-Rika Martin. Le prêt-à-manger, les plats à emporter, ce n’était pas notre force, ça nous faisait un peu peur, peut-être. On avait tort. On a beaucoup appris depuis le début de cette crise. »
 

Relisez ici le portrait d’Ann-Rika Martin : Ça commence ... maintenant !

Mots-clés: Entrevue
Restauration
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