André Leclerc, le cœur Kéroul

 
27 octobre 2020 | Par Laurence-Michèle Dufour

Après avoir rencontré plus d’une centaine de personnes pendant quatre années de recherches, accompagné de l’auteur René Kirouac, André Leclerc lançait ce lundi sa biographie : Tout est possible !. André Leclerc, c’est le visionnaire derrière Kéroul, l’organisme à but non lucratif dont les actions visent à rendre le tourisme et la culture accessibles aux personnes à capacité physique restreinte.

Ce livre se veut le témoin des batailles qu’il a menées au sein de l’organisme qui soufflait tout récemment ses 40 bougies. « Ça brasse des affaires, pas mal de sentiments, mais je suis content, raconte le personnage principal du livre. Je n’aurai pas à répéter ce qui est arrivé, c’est maintenant documenté. C’est comme un héritage pour l’industrie touristique et les personnes handicapées et ça démontre à tout le monde que si tu crois en tes rêves, tout est possible. Il s’agit d’y mettre de l’énergie. »

De l’énergie, l’ancien président-directeur général en aura mis plus qu’il n’en faut pour parcourir tout ce chemin. Sa plus grande réalisation ? « Avoir monté un organisme pour défendre les intérêts des personnes handicapées pour la culture et le tourisme. » Évidemment !

Lorsqu’il entreprend sa croisade dans les années ’80, le tourisme n’est alors pas un enjeu de société prioritaire. Les mauvaises langues l’accusent « de rêver en couleurs ». « Je trouvais que le tourisme était un bon moyen d’intégration. Ça permet de rencontrer des gens et de briser les préjugés tout en touchant à plusieurs secteurs : l’hôtellerie, la restauration, les musées. Ça a pris des années avant que le ministère du Tourisme nous reconnaisse. S’il n’y avait pas cru, on ne serait pas rendus là. »

Bien que l’on compte près d’un million de personnes handicapées au Québec, auxquelles s’ajouteront les personnes à mobilité réduite résultant du vieillissement de la population, encore trop peu d’entreprises leur sont accessibles. « C’est comme le principe de l’œuf ou la poule, résume André Leclerc. Si l’endroit n’est pas accessible, ils ne verront pas de personnes handicapées, mais s’ils ne les voient pas, ils ne peuvent pas être conscients de cette part de marché. »

Parmi les autres belles réussites de l’organisme, l’ancien dirigeant pointe le Programme d’accessibilité des établissements touristiques (PAET), qui offre désormais aux professionnels une subvention pouvant aller jusqu’à 50 000 dollars afin d’effectuer des aménagements pour faciliter l’accès à leurs espaces. « Une telle subvention, ça aide à corriger le tir », explique le militant. Mais le nerf de la guerre demeure, selon lui, le code du bâtiment qui devrait contenir des règles plus strictes. « Tant qu’il ne sera pas plus performant, on va bâtir des endroits qui ne sont pas accessibles. »

Fidèle à lui-même, André Leclerc, qui a transformé son combat individuel en service collectif, semble vouloir vivre sa « retraite » de la même manière « J’ai d’autres projets, peut-être un film. Une résidence pour personnes âgées handicapées aussi. En fait, je travaille autrement. »

(Crédit photo : Gracieuseté Kéroul, crédit photo Denis Plain. André Leclerc est à gauche sur la photo, aux côtés de Réjean Frenette.)

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