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Aides amputées en zone rouge : « Cette nouvelle est comme une bombe »

 
18 février 2021
Crédit photo: Meru Bi / Pexels

Lettre ouverte de Nicolas Lavigne, propriétaire de Côtes-à-Côtes Resto Grill, Côtes-à-Côtes Traiteur et Zebrexpress.ca, à Monsef Derraji, leader parlementaire adjoint de l’opposition officielle

Objet : Décision du ministre Pierre Fitzgibbon d’amputer les aides aux restaurateurs en zone rouge

Bonjour M. Derraji,

Suite à la décision du ministre Fitzgibbon de changer les règles du jeu par rapport au prêt pardonnable du programme de l’Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM) de façon prompte et mal communiquée, je vous fais un compte-rendu de ma situation. Pendant cette année de pandémie, comme vous le savez, les restaurateurs du Québec ont vécu de grands défis. De mon côté, propriétaire d’un restaurant et d’un service traiteur, je me suis acharné à faire travailler mon monde en inventant des concepts et en travaillant d’arrache-pied pour maintenir un flot minimum d’opération. Nous avons entre autres sorti une épicerie en ligne, des produits de boîte-repas pour événements virtuels, des formules à emporter et bien plus.

Malgré tous les efforts, la fermeture administrative des salles à manger a un impact bien réel sur mes revenus et dépenses. Mon restaurant, situé en plein cœur du Vieux-Québec, dans le quartier du Petit-Champlain, a essuyé une baisse de chiffre d’affaires de plus de 70 %. Je dois vous avouer qu’au début de la pandémie, je me suis roulé en boule sur le plancher pendant quelques jours, voyant venir le pire de cette crise. Après quelques jours, en bon entrepreneur, je me suis roulé les manches et j’ai travaillé du matin au soir (oui, même avec 70 % de chiffre d’affaires en moins) afin de sauver et maintenir mon entreprise et mes employés.

Malgré tous les efforts et les difficultés rencontrées, je n’ai jamais remis en doute la nécessité des mesures sanitaires, comprenant assurément l’importance que le gouvernement agisse ainsi pour stopper cette pandémie planétaire. Je travaille depuis lors sur un plan de réouverture au 15 avril et je crois ne pas m’être trompé de beaucoup. Depuis le début de la pandémie, j’ai adapté mon entreprise aux différentes consignes gouvernementales, et je les ai toujours comprises et appuyées. À chaque fois, j’ai réadapté mon entreprise afin de pouvoir travailler dans le cadres des nouvelles mesures applicables.

J’étais heureux d’apprendre en septembre dernier que le gouvernement provincial allait nous aider à compenser une partie des pertes causées par cette fermeture imposée. Quand on fait une demande d’AERAM, on a le droit à une seule demande de financement dans le cadre du Programme d’action concertée temporaire pour les entreprises (PACTE). Sachant en plus que la demande peut prendre une pleine journée de travail, j’ai décidé d’attendre afin de faire une seule demande. J’ai lancé la procédure la semaine passée avec mon banquier.

Hier, je suis tombé sur un article de La Tribune qui m’apprenait que tous ceux qui n’ont pas encore fait leur demande allaient être coupés de trois mois d’aides de programme. J’étais extrêmement déçu, vous pouvez le comprendre… Cela signifiait pour moi que 25 000 $ s’ajoutaient à mes pertes de l’année. Je lis les journaux deux heures par jour depuis le début de la pandémie pour tout voir venir, mais cette nouvelle s’est cachée en douce pour se rendre à nous bien trop tard.

Plusieurs personnes dans mon cercle de restaurateurs de Québec sont fatiguées et découragées par la situation actuelle. Cette nouvelle est comme une bombe auprès de plusieurs ; je ne suis pas seul dans cette situation. Je vous en prie, exigez que le gouvernement se rétracte ou nous donne un mois supplémentaire pour compléter nos démarches. La situation actuelle est complétement injuste, surtout que la mesure pénalise principalement les restaurants et les gyms. Ils n’ont pas eu le mémo au gouvernement que ce n’était pas facile pour nous, ou est-ce seulement M. Fitzgibbon qui est déconnecté ?

Mon domaine souffre présentement, je demande simplement que le gouvernement respecte ses engagements.

Bien à vous,

Nicolas Lavigne
Propriétaire, patron d’employés et bon père de famille

Mots-clés: Québec (province)
Lois, règlements et permis
Restauration
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