Agropol : Une jeune pousse aux ambitions dévorantes

 
10 mars 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

Ciboulette, huacatay, cerfeuil, pousses de radis ou de kale, shiitake, pleurotes… Lancez-le sur n’importe lequel de ces produits et Samuel Sigouin s’emballe soudainement. Le jeune homme vous parle d’accords gourmands, de mises en place d’assiettes ou du système d’arrosage nécessaire pour obtenir de généreux plants. « J’ai la chance d’avoir une mémoire éléphantesque, confie-t-il. Je m’informe, je me renseigne, et je retiens pas mal de stock… » Pourtant, de son propre aveu, le cofondateur et directeur commercial de la ferme urbaine Agropol n’y connaissait « pas grand-chose » en matière de pousses et de fines herbes voici quelques années à peine. « Très honnêtement, je n’étais pas un gars de verdure à la base. Maintenant ? J’y suis accro ! »

C’est donc « plus par opportunité d’affaires que par principes écologiques » qu’il lançait son entreprise voici deux ans, aux côtés de son associé et ami Marc-Antoine Larente, biologiste de formation et désormais responsable de la production. « Je me charge du côté business, Marc-Antoine travaille sur les produits. Et l’association de nos deux profils fonctionne pas trop mal… »

En quelques mois en effet, les comparses sont parvenus à s’inviter dans les coulisses et cuisines d’une cinquantaine de restaurants de Sherbrooke et des Cantons-de-l’Est. Leurs pousses (une dizaine de sortes), leurs fines herbes (environ 30 variétés) et les cinq champignons du producteur Mycotrophe, qu’ils sont les seuls à distribuer, ont convaincu nombre des meilleurs chefs de la région. Pour réussir ce tour de force, Agropol a choisi de miser sur deux atouts : qualité et proximité. « Il faut voir nos produits pour comprendre : nos pousses sont belles, colorées, charnues. Alors évidemment, quand tu présentes ça à un cuisinier, il est tout de suite séduit, explique fièrement Samuel Sigouin. On mise aussi énormément sur notre capital sympathie : on se rend directement dans les établissements, on serre des mains, on présente nos produits. Et cette approche très humaine, ce contact direct, ce côté outside of the box, je pense que ça parle aux chefs. »

Si (presque) toutes les bonnes tables des Cantons-de-l’Est ont donc choisi de miser sur les verts trésors d’Agropol, Marc-Antoine Larente et Samuel Sigouin ne comptent, évidemment, pas s’arrêter en si bon chemin. « On veut atteindre les 100 établissements d’ici fin 2020, lance le directeur commercial. On va consolider les régions de Granby et de Bromont, on va aller voir du côté de Saint-Jean, de la rive sud et dans le coin de Drummondville. » Avant de pousser une pointe jusqu’à Québec ou Montréal ? « Évidemment qu’on y pense et qu’il y a là un vrai potentiel, mais avec Montréal et Québec, on entrerait dans une autre dimension, ce sont des marchés différents. On veut prendre notre temps et bien faire les choses. »

Pour préparer sa future expansion et l’arrivée sur le marché, « en mai ou en juin », d’une gamme de prêt-à-manger, Agropol pourra compter sur plusieurs nouveaux employés. L’entreprise déménagera également dans les prochains jours pour s’installer dans des locaux quatre fois plus spacieux. « Mais toujours situés en Estrie », insiste le cofondateur. Et même s’il répète, une fois encore, que « rien ne presse », le loquace homme d’affaires confesse rêver de bien plus : d’une « énorme » usine de production desservant tout le Québec, de fruits exotiques et d’autres aliments peu habituels sous nos latitudes, voire même de devenir la plus grande ferme urbaine au Québec. Tout simplement.

(Photo fournie par Samuel Sigouin)

Pour suivre Agropol :

Mots-clés: 05 Estrie
Produits du terroir
Nouveau produit

À lire aussi !

© HRI 2012-2020 Tous droits réservés.
HRImag est un média francophone (site Web et magazine papier) qui offre de l'information de pointe sur l'industrie des HRI (hôtels, restaurants et institutions).