De la ferme à l’école : Jusqu’à 87% d’aliments locaux dans le bar à salades

 
16 juillet 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

Au cœur de l’été 2018, le programme canadien De la ferme à l’école, qui vise à sensibiliser les élèves à l’importance d’une alimentation saine et durable et à la notion de circuit court, s’invitait pour la première fois au Québec. Neuf écoles de la province, cinq du niveau primaire et quatre du réseau secondaire (*), se voyaient alors proposer de mettre en place un bar à salades et de tout faire pour maximiser l’approvisionnement local de ce dernier. Pour y parvenir, les établissements avaient reçu des bourses d’un montant maximal de 10 000 $ et ont pu compter sur les conseils des organismes De la ferme à la Cafétéria et Équiterre au Québec, ainsi que sur l’aide d’Aliments du Québec.

Les initiateurs du projet ont récemment dévoilé les résultats de ces mois de joyeux labeur et de riches apprentissages. En moyenne, les écoles de cette première cohorte québécoise proposaient, au final, 59 % d’aliments locaux dans leurs bars à salades. Un établissement a même réussi à atteindre les … 87 % ! « Pour une première année, ce sont des résultats très intéressants, analyse Murielle Vrins, gestionnaire de programme, Alimentation institutionnelle au sein d’Équiterre. On espère évidemment que ces chiffres augmenteront au fil du temps. »

Pour expliquer les larges différences entre écoles, la responsable rappelle que toutes n’ont pas suivi le même calendrier ou mis le même nombre d’heures dans le projet. Certaines ne partaient pas de zéro, d’autres ont commencé plus tard et ont moins bénéficié du temps des récoltes, d’autres enfin se démarquaient déjà, bien avant le lancement du projet, par leur implication au niveau agroalimentaire. « Le plus important, c’est que sur base de ces chiffres, sur base de cette première année, on va pouvoir voir comment évoluera à l’avenir la proportion d’aliments locaux dans le bar à salades des écoles. » Pour garnir leur présentoir de saveurs d’ici et d’ingrédients locaux, les neuf établissements ont également pu suivre le cheminement de leur choix et développer leur propre projet et leurs propres activités pédagogiques. Si certains ont ainsi développé des liens avec des producteurs et distributeurs de leur région, d’autres se sont tournés vers les banques alimentaires.

Au terme de cette première étape en sol québécois, les écoles ont par ailleurs été invitées à identifier les obstacles rencontrés au cours de l’expérience. Le manque de structures appropriées pour le stockage et la préparation des aliments dans les murs de l’établissement et la difficulté de s’approvisionner durant les mois d’hiver ont notamment été pointés du doigt. « Les prix ont aussi été évoqués, mais plusieurs participants nous ont dit avoir tout de même réalisé que tous les aliments locaux ne sont pas nécessairement plus chers. »

Surtout, cet épisode québécois du programme De la ferme à l’école et les excellents résultats obtenus auront prouvé que ces obstacles, aussi impressionnants semblent-ils, ne sont pas infranchissables. Il s’agira maintenant de convaincre d’autres institutions scolaires d’embarquer sur cette vague locale. « Cette expérience, ces résultats, ça montre bien que c’est faisable », résume Murielle Vrins, pour qui nombre d’institutions devraient pouvoir atteindre, et même dépasser, la barre des 60 % d’aliments locaux dans les assiettes.

Alors que les neuf écoles de la première cohorte québécoise sont arrivées au bout de leur aventure (mais sont évidemment invitées à poursuivre leurs efforts), d’autres élèves et enseignants s’apprêtent à prendre leur relais : cinq autres établissements de la province figurent en effet parmi les 30 adresses que compte la nouvelle liste canadienne dévoilée voici peu.

(*) Collège Servite (Ayer’s Cliff), ÉcolACTion (Chicoutimi), École Saint-Denis (St-Denis-sur-Richelieu), École Sainte-Flore (Shawinigan), École Louis-de-France (Trois-Rivières), École Chavigny (Trois-Rivières), École de l’Escale (Asbestos), École Jean-Gauthier (Alma), Waterloo Elementary School (Waterloo).
Les détails du volet québécois du programme sont disponibles ici.

(Photo prétexte : Ibokel / Pixabay)

Mots-clés: Québec (province)
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