30 ans du Groupe Germain : « Le secret ? Sortir des sentiers battus »

31 octobre 2018 - Par Marie-Ève Garon

Cette année, le Groupe Germain Hôtels célèbre son 30e anniversaire. L’entreprise familiale canadienne est reconnue pour sa philosophie d’accueil hors pair ainsi que son style soigné misant sur le confort et les petites attentions envers sa clientèle. En avril 1988, la bannière ouvrait les portes du tout premier hôtel-boutique au Canada, Le Germain-des-Prés, situé sur le boulevard Laurier à Québec. HRImag revient sur la genèse et le parcours de la marque avec le coprésident du groupe, Jean-Yves Germain.
 
 
Jean-Yves et Christiane Germain ont été initiés très jeunes à l’entrepreneuriat par leur père, Victor, homme d’affaires aguerri et grand bâtisseur. « Nous avons étudié en hôtellerie, ma sœur et moi, raconte le coprésident du Groupe. Christiane a fait son cours à Toronto et je suis allé à Montréal. À 21-22 ans, nous étions sortis de l’école. Notre père était restaurateur ; aussitôt revenu au bercail, j’ai intégré l’entreprise familiale. Christiane a travaillé quelque temps à l’extérieur, mais rapidement, on a été impliqués dans la restauration. Les restaurants de notre père connaissaient beaucoup de succès : le Fiacre, le Cousin Germain, le Café Saint-Honoré, entre autres. »

Visionnaires dans l’âme

Quelques années plus tard, au milieu de la décennie ’80, le frère et la sœur voyagent beaucoup à l’international afin d’être au fait des dernières tendances. « À l’époque, on nous avait recommandé d’aller visiter le Morgans, à New York. C’était un nouvel hôtel-boutique créé par Ian Schrager et la designer Andrée Putman. Lorsqu’on est arrivés là, ce fut un véritable coup de foudre ! Le design était différent de ce tout qu’on avait vu avant : salle de bain avec douche, télévision de qualité, lit confortable et bel éclairage. Il y a 30 ans, ce type d’hôtel était complètement nouveau. »

À leur retour, les jeunes entrepreneurs songent à délaisser le domaine de la restauration au profit de l’hôtellerie. « Nous avions 29 et 30 ans et notre père trouvait l’idée bonne, mais il ne voulait pas s’investir dans le projet. On a saisi l’opportunité pour faire les choses à notre manière. Après 18 mois de travaux, on a ouvert, à bout de bras, notre premier hôtel. Les débuts n’ont pas été faciles ! Nous avons dû vendre un restaurant que nous possédions, Le Saint-Ô sur la Grande Allée, pour aller chercher des capitaux. Heureusement, l’hôtel a rapidement connu un certain succès et ça nous a permis de passer à travers. »

Le client est roi

L’expérience entrepreneuriale acquise très tôt a poussé Christiane et Jean-Yves Germain a accordé, très tôt dans leur carrière, une grande importance au bien-être du client. « La façon dont nous traitons notre clientèle et la culture de nos équipes qui partagent nos valeurs, c’est vraiment ce qui fait notre force, explique le coprésident. Nous avons un produit intentionné et confortable. On a travaillé beaucoup sur l’expérience client. Par exemple, on n’a jamais fait de compromis sur la qualité des draps et du matelas. On aime parler à notre client et nous ne sommes pas convaincus par les check-in, check-out rigides comme à l’aéroport. Nous avons d’ailleurs beaucoup de flexibilité dans nos hôtels en ce qui concerne les départs tardifs. »

L’avant-garde, le souci du détail et le confort du client ont mené la marque à se positionner dans un créneau singulier, à la fois raffiné et accessible. « Dès le départ, nous sommes sortis des sentiers battus. Petite anecdote : un jour notre prêteur a réalisé que nous n’avions pas de bain dans notre hôtel. Ce fut un drame car il faut se rappeler qu’il y a quelques décennies, créer un hôtel sans bain était pratiquement inconcevable ! Nous avons toujours fait les choses différemment et c’est ce qui nous distingue des autres. Mais, par-dessus tout, lorsqu’on conçoit une chambre, un hôtel, c’est le client qu’on a en tête. »

Faire sa place

Pour parvenir à s’ancrer dans le paysage hôtelier canadien, le Groupe Germain a affronté et relevé de nombreux défis. Les principaux ? « Aujourd’hui, c’est plus ardu de recruter. Tu as beau ouvrir des hôtels, s’il n’y a personne pour y travailler, ce n’est pas gagné d’avance. Puis, au cours des 20-25 premières années, ça a été difficile d’avoir les fonds pour satisfaire nos ambitions ! Il y a eu plusieurs étapes dans le développement du Groupe et chacune d’elles représentaient un défi. Étendre notre territoire a été, pour nous, un moment charnière. Quand on a quitté Québec pour développer Montréal et Toronto. Et lorsqu’on a créé notre nouvelle bannière, la ALT, en 2008. Nous avons aussi ouvert 15 hôtels, dans les dix dernières années. Ce sont tous des défis, mais on essaie de garder ce rythme-là malgré tout et de s’amuser à travers ça ! »

La réussite du Groupe Germain n’est pas le fruit du hasard et s’accompagne d’un réel sentiment d’accomplissement. « D’avoir créé trois bannières canadiennes qui ont une bonne réputation et qui semblent appréciées par nos clients, c’est satisfaisant ! Le fait qu’on ait de la relève aussi. En espérant que dans 25 ans, ces bannières aient pris davantage de notoriété et qu’on continue à faire notre place dans ce marché-là. On a couvert pas mal le Canada, il va certainement y avoir des opportunités pour continuer d’agrandir notre territoire. Il y a seulement le marché de Vancouver où nous ne sommes pas représentés, nous aimerions l’être, c’est certain. Et il reste encore de la place dans des marchés tels que Toronto et Montréal. Mais on est sur le dossier... »

(Photo fournie par Groupe Germain Hôtels)

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