10 ans du Festibière de Québec : « La notion de plaisir est indispensable »

12 août 2019 - Par Pierre-Alain Belpaire

Du 15 au 18 août, les quais de l’Espace 400e accueilleront la 10e édition du désormais incontournable Festibière de Québec. Dégustations, accords mets/bières, « Challenge Brassicole » : le menu concocté par les organisateurs de l’événement devrait apaiser la soif de curiosité des plus de 125 000 visiteurs attendus. « Chaque édition est une nouvelle aventure, un nouveau défi », se réjouit Sébastien Huot, directeur général et membre fondateur du Festibière.
 
 
HRImag : Sébastien Huot, comment est né le concept Festibière ?

Il faut se replonger une décennie en arrière. Les microbrasseries québécoises étaient alors nettement moins nombreuses et on comptait beaucoup moins de connaisseurs et de passionnés. Avec Alexandre Caron, l’un de mes partenaires et grand amateur de bières, on réfléchissait depuis un bout de temps à un événement qui mettrait à l’honneur le travail des brasseurs locaux. On cherchait un site adéquat et on a eu l’occasion de nous installer à l’Espace 400e qui avait été inauguré peu de temps auparavant. C’était l’endroit parfait pour notre Festibière.

Vu l’intérêt relativement faible pour les bières à l’époque, avez-vous eu des doutes ou étiez-vous certains de votre coup ?

On savait que c’était un coup sûr, on sentait qu’il y avait un incroyable potentiel, que l’industrie brassicole allait se développer et que le succès des bières québécoises allait exploser. Et les résultats de la première édition nous ont donné raison : on avait une seule tente, environ 35 exposants et on a accueilli plus de 65 000 visiteurs. Vous pouvez me croire : on a pédalé ! Mais on a immédiatement su qu’on avait visé juste et qu’on tenait un excellent concept.

En 10 ans, comment a évolué le Festibière de Québec ?

On a grandi, on a mûri, mais dans des proportions raisonnables. On accueillera cette année près de 100 exposants et plus de 125 000 visiteurs, peut-être 135 000.

Vous êtes vous fixés un nombre maximal d’exposants ou de visiteurs ?

C’est surtout la taille du site qui nous impose ces capacités-là. Mais ça nous convient parfaitement : ça permet notamment que tout le monde, tant la micro que le visiteur, y trouve son compte. En ayant trop d’exposants, on diminuerait par exemple la visibilité de certains et, du même coup, les achats potentiels.

L’augmentation du nombre de microbrasseries vous simplifie-t-elle la tâche ou, au contraire, vous contraint-elle à faire des choix difficiles ?

Ça nous facilite la vie. Il y a toujours certains acteurs qui sortent du lot, évidemment, mais cette plus longue liste nous donne plus de choix. Surtout, elle offre un plus large éventail au consommateur. C’est lui, le grand gagnant !

Durant la dernière décennie, le nombre d’événements liés à l’industrie de la bière a explosé au Québec. Comment tirer son épingle du jeu ?

On mise sur certains éléments, comme la qualité des bières présentées et le site enchanteur qui nous accueille. Mais surtout, on s’est donné comme ligne directrice, dès notre première édition, d’associer dégustation de bières et bons moments passés entre amis. On veut garder cet esprit festif, ce côté fun. La notion de plaisir est indispensable. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’accès au site est gratuit. Et tout le monde, tant les familles que les touristes ou les hôteliers, y trouve son compte.

La formule Festibière a-t-elle beaucoup changé en 10 ans ?

Pas vraiment. Ce sont surtout les produits qu’on y offre qui ont évolué au fil des modes, au fil des tendances. On a bien sûr amené certaines nouveautés, comme le Challenge Brassicole cette année (une compétition sous forme de rallye par équipe de trois, NDLR) ou des partenariats avec des festivals européens, mais dans l’ensemble, notre mission est restée la même : faire découvrir, faire goûter, donner du plaisir.

La marque Festibière a fait des petits à Lévis (trois éditions) et à Sherbrooke (deux éditions). Prévoyez-vous implanter ce concept dans d’autres villes ?

On reste toujours à l’affût et à l’écoute, mais il faudrait vraiment trouver la bonne opportunité, le bon site, les bons partenaires. Pour des municipalités de plus petites tailles, comme Beauceville ou Plessisville, on a aussi développé les Happening Festibière : un camion, 14 lignes de fût et le même esprit mêlant dégustations et plaisir. La Cour arrière du Festibière, dans le port de Québec, a également fait ses preuves et conquis un large public. Le point commun entre tous ces projets, c’est l’implication de gens du coin, qui nous permet de nous assurer que chaque événement fitte avec l’esprit de la ville qui l’accueille.

Votre nouveauté 2019, le Challenge Brassicole, est présentée en collaboration avec le ministère du Tourisme du Québec. Étonnant, non ?

Pas tant que ça : au moins 29 % des visiteurs du Festibière de Québec sont des touristes ! Il y a donc, pour le gouvernement, un énorme potentiel.

Diriez-vous qu’aujourd’hui, notre province est déjà une destination prisée des touristes amateurs de bière ou y a-t-il encore un fossé qui nous sépare de l’Allemagne, de la Belgique ou d’autres grands joueurs mondiaux ?

Il y a encore un écart mais qui se réduit année après année. On n’a plus à être jaloux des autres nations. Nos brasseurs gagnent de beaux prix sur la scène internationale et font connaître nos produits. Surtout, ils offrent des bières très différentes. La Belgique par exemple est très conservatrice, très figée dans ses traditions (et c’est très bien ainsi !), mais le Québec peut se permettre de jouer sur son côté innovateur, sortir des sentiers battus et surprendre les amateurs. C’est en misant sur cet esprit qu’on attirera toujours davantage de curieux et de passionnés.

Quand on est, justement, passionné et curieux comme vous l’êtes, comment fait-on pour tenir durant toute la durée de l’événement ? Comment prépare-t-on son foie ?

Le vrai secret, c’est de déguster mais de ne pas chercher à étancher sa soif. Ça demande de la rigueur. Beaucoup de rigueur ! (rires)
 
 
Pour suivre le Festibière de Québec :

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