10 ans d’identification du homard gaspésien : « Nous étions précurseurs »

 
17 mars 2020 | Par Pierre-Alain Belpaire

Dans un peu moins de 40 jours, le samedi 25 avril prochain, les pêcheurs gaspésiens prendront la mer (enfin, on l’espère…) et inaugureront une nouvelle saison de pêche au homard. Une saison qui marquera le dixième anniversaire de l’identification des réputés homards de Gaspésie.

Voici un peu plus d’une décennie, « le monde des crustacés était en crise et nos stocks de homards n’étaient pas spécialement en santé », se remémore Jean Côté, biologiste et directeur scientifique du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie (RPPSG). Pour mettre en valeur leur produit et l’aider à se démarquer des autres homards « débarquant d’un peu partout », les pêcheurs gaspésiens imaginaient alors, en plus d’autres mesures techniques, de mieux identifier leurs captures, de retracer le parcours des bêtes et de raconter l’histoire de ceux qui les avaient capturées. « Nous étions pas mal précurseurs en la matière, précise fièrement le scientifique. On sentait que le consommateur voulait savoir d’où venait sa nourriture, que restaurants et épiceries allaient miser, de plus en plus, sur ces notions de traçabilité. On ne s’était pas trompés. »

En plus de tenir un discours écoresponsable, les pêcheurs gaspésiens offrent, depuis 10 ans, aux consommateurs une image très « humaine » de leur industrie. Les médaillons fixés à même la pince du homard (qui, pour rappel, permettent d’identifier sa provenance « au pêcheur près ») transforment en effet « une expérience gastronomique en expérience socio-culturelle », estime le responsable.

S’ils sont parvenus à entrer dans les cuisines des particuliers, les pêcheurs gaspésiens ont également réussi à s’inviter, toujours un peu plus, dans les coulisses de nos établissements hôteliers et de restauration. « Et ce ne fut pas trop difficile, admet Jean Côté. Les chefs connaissent et reconnaissent les qualités d’un produit. À leurs yeux, la traçabilité est primordiale. » Grâce au soutien et à l’implication de différents professionnels (comme Baptiste Peupion, Stéphane Modat ou encore David Forbes), les pêcheurs gaspésiens ont pu encore mieux faire passer leur message. « Les chefs ont embarqué dans notre projet. Ils ont transmis l’info, sur leurs cartes, dans leur discours, sur leurs réseaux sociaux… Certains placent le médaillon du homard sur le bord de l’assiette, d’autres ont arrêté de proposer de la "bisque de homard" pour offrir plutôt de la "bisque de homard de Gaspésie". Ce sont des détails qui ont fait une grande différence ! »

Ravi du succès de sa campagne, le RPPSG entend aller encore plus loin et entreprendra des démarches pour obtenir une Indication Géographique Protégée (IGP) et valoriser ainsi, encore un peu plus, ses produits. « On y croit, on y croit très fort, assure le biologiste. Et le processus pourrait même aller plus vite qu’on pense. Peut-être que dès la prochaine saison, on pourrait déjà mettre en avant cette IGP. » Une appellation qui, en plus de séduire encore davantage de chefs et de consommateurs québécois, pourrait aider les pêcheurs à conquérir de nouveaux marchés.

(Photo fournie par Marie Morneau Communication)

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