Projections de l’industrie de la restauration 2016-2020

13 mars 2017 - Par François Pageau

AU MOMENT D’ÉCRIRE CES LIGNES, L’ANNÉE 2016 TIRAIT À SA FIN, ET SES RÉSULTATS ANNUELS RÉELS N’ÉTAIENT PAS ENCORE CONNUS. L’INTÉRÊT DE CES DONNÉES REPOSE SUR LEUR UTILITÉ POUR ÉTABLIR DES PROJECTIONS POUR VOTRE PROPRE ÉTABLISSEMENT : VOS RÉSULTATS SERONT-ILS ÉGAUX, AU-DESSUS OU EN DESSOUS DES PROJECTIONS ASSOCIÉES AU CANADA, AU QUÉBEC OU DANS VOTRE SECTEUR EN PARTICULIER ?



LES PRÉVISIONS PRÉSENTÉES ICI SONT TIRÉES DU NATIONAL RESTAURANT INDUSTRY FORECAST PUBLIÉ PAR RESTAURANTS CANADA EN OCTOBRE 2016.

Les ventes des services alimentaires commerciaux canadiens devraient croître de 5,3 %, pour atteindre 64 milliards de dollars en 2016. La belle saison de 2016, l’augmentation des dépenses des consommateurs (notamment en Colombie-Britannique et en Ontario) ainsi que la forte fréquentation touristique ont donné une poussée aux ventes de nourriture et de boisson au pays.

Entre 2018 et 2020, les ventes des services alimentaires commerciaux augmenteront en moyenne de 3,8 % par année. Cette hausse reflète la projection de croissance du revenu disponible des Canadiens durant la même période.

Les prix des menus devraient croître en moyenne de 2,4 % annuellement jusqu’en 2020, ce qui devrait entraîner une hausse moyenne des ventes de 1,7 %

L’année 2017 promet une forte croissance globale, associée à de la création d’emplois et à une hausse du revenu disponible, ce qui devrait accroître l’activité économique canadienne de 2,1 %.

Conséquemment, les ventes des services alimentaires commerciaux (restaurants) devraient augmenter de 4,0 % en 2017 par rapport à 2016. Tandis que des hausses sont attendues en Alberta et en Saskatchewan, les dépenses des consommateurs seront stables en Colombie-Britannique et en Ontario après les hausses importantes des dernières années. La croissance économique stable attendue au Québec et au Manitoba supportera d’autant la croissance des ventes de restaurants, qui sera en moyenne de 4 % annuellement pour les 5 prochaines années.

« Comme dans le cas de toute projection, il existe un certain nombre de facteurs positifs et de facteurs négatifs à considé- rer. Une économie nationale au ralenti, des prix à la consommation à la baisse, le taux élevé d’endettement des ménages et une correction brutale du marché résidentiel influenceront à la baisse les dépenses dans les restaurants. À l’opposé, une économie nationale forte et des innovations au niveau des menus généreront une demande plus élevée de repas hors domicile, et incidemment une croissance des ventes des restaurants. » — RESTAURANTS CANADA
RESTAURANTS À SERVICE RAPIDE Malgré les problèmes économiques constatés en Alberta, en Saskatchewan et à TerreNeuve-et-Labrador, le segment « Service rapide » a traversé la tempête sans peine. En tout, ses ventes ont augmenté de 6,3 % en 2016, pour atteindre un record de 28,6 milliards de dollars. En 2015, la hausse était de 6,7 %. Toutes les provinces ont enregistré des hausses dans ce segment de marché, les plus fortes se faisant au Québec et en Saskatchewan.

Au Québec, la croissance des ventes est soutenue par l’ajout de nouvelles unités.

Depuis la récession de 2009, ce segment a enregistré des ventes solides, car les consommateurs recherchent une option pratique et abordable. Le petit déjeuner est un facteur important de la hausse des ventes de ce secteur, puisque les ventes de petits déjeuners ont augmenté de 47 % depuis 2010. Les ventes au repas du soir ont quant à elles diminué.

Entre 2017 et 2020, les ventes de ce secteur augmenteront de 3,5 % par année. Ajustée en fonction de l’inflation des menus, la croissance réelle sera en moyenne de 2,2 % pour les cinq prochaines années.

RESTAURANTS À SERVICE COMPLET En 2016, le Québec a vu rebondir les ventes dans les restaurants à service complet ; la ColombieBritannique et l’Ontario ont également enregistré des gains solides, ce qui compense les baisses constatées en Alberta et en Saskatchewan. En conséquence, les ventes des restaurants à service complet devraient avoir augmenté de 5 % en 2016, pour atteindre 27,9 milliards de dollars, comparativement à une croissance de 4,5 % en 2015. Depuis 2009, les ventes réalisées dans ces établissements ont augmenté de 35 %, comparativement à 42 % dans le cas des restaurants à service rapide.

En 2017, on prévoit que les ventes de ce segment augmenteront de 4 %, pour atteindre 29 milliards de dollars. La hausse se poursuivra durant les cinq prochaines années et sera de 4,2 % en moyenne annuellement. Ce taux de croissance est relativement stable depuis 2010.

Une fois ajustées en fonction de l’inflation des menus, les ventes réelles connaîtront une hausse de 1,5 % par an de 2016 à 2020, ce qui reflète la croissance de la population.

TRAITEURS Depuis la récession de 2009, les traiteurs ont connu une forte hausse de 45 % de leurs ventes, comparativement à la hausse moyenne des autres segments qui était de 36 % durant la même période. Ces hausses sont attribuables notamment aux gains effectués dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des sites éloignés ainsi que des industries et sites qui exploitent les ressources naturelles.

En 2016, la croissance des ventes réalisées par le segment des traiteurs a ralenti à 2,3 %, ce qui en fait l’année la plus faible depuis 2009. C’est le résultat d’une diminution des dépenses à Terre-Neuve-et Labrador et en Alberta, et de la croissance modeste en Ontario et au Québec.

Les ventes des traiteurs devraient augmenter de 4,2 % en 2017, pour atteindre un total de 5,7 milliards de dollars, au Canada

BARS ET DÉBITS DE BOISSONS Après plusieurs années de déclin, nous assistons à une hausse de 3,6 % des ventes des débits de boissons en 2016, qui atteignent presque 2,4 milliards de dollars au Canada. Ce chiffre représente la croissance annuelle la plus importante depuis 2001.

Cette hausse s’explique majoritairement par la croissance de la demande au Québec ainsi que la hausse des dépenses en Ontario, au Manitoba et en Colombie-Britannique, et par le fait que la récession a nui aux bars et débits de boissons en Alberta, en Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Bien que les ventes soient en croissance en 2016, le nombre de points de vente de ce segment continue de baisser. Entre 2000 et 2016, il a plongé de 41 %, ce qui représente l’équivalent de 3 700 établissements au pays.

Durant les 15 dernières années, quelques bars et débits de boissons se sont transformés en restaurants à service complet. Restaurants Canada explique la majorité des fermetures par l’interdiction de fumer, les changements démographiques, les lois relatives à l’alcool au volant et les coûts élevés de l’alcool.

En 2017, ce segment devrait croître d’un modeste 1,7 %. Entre 2016 et 2020, la croissance annuelle moyenne sera de 2,0 %, ce qui représente un virement dans les tendances des 10 dernières années. Les ventes réelles, ajustées en fonction de l’inflation des menus, augmenteront seulement de 0,4 % par année pour les cinq prochaines années.


PROVINCE DE QUÉBEC

  • Entre 2013 et 2015, l’industrie québécoise de la restauration a réalisé les taux de croissance les plus faibles du pays en affichant un taux moyen annuel de 2,3 %, tandis que l’industrie canadienne réalisait un taux de croissance moyen de 5,5 %.
  • Cela s’expliquait par des dépenses faibles dans les restaurants à service complet, ainsi qu’une diminution des points de vente de boissons et des restaurants à service complet indépendants.
  • En 2016, les dépenses accrues des consommateurs et un revenu disponible plus élevé ont propulsé les ventes dans les restaurants de la province de Québec. De plus, le nombre de visiteurs de l’international a bondi de 10 % durant les 7 premiers mois de 2016, ce qui en fait l’année la plus forte depuis 2006.
  • On attend une forte hausse des ventes des services alimentaires commerciaux, plus précisément de l’ordre de 6,7 %, en 2016, pour atteindre ainsi 11,9 milliards de dollars de ventes dans la province de Québec.
  • Après 3 années de déclin, les ventes des bars et débits de boissons augmenteront de plus de 10 %. Les ventes dans les restaurants à service complet ont également rebondi en 2016 après leurs résultats mitigés entre 2013 et 2015.
  • Ces dernières années, le segment « Service rapide » était le principal responsable de la croissance du marché, et c’est encore le cas en 2016. Globalement, la croissance de l’industrie de la restauration est le reflet de l’amélioration de l’activité économique québécoise.
  • En 2017, la croissance des ventes en restauration ralentira à 3,6 % d’augmentation en raison des dépenses modérées dans les segments « Service rapide » et dans les bars et débits de boissons.
  • Entre 2017 et 2020, la croissance annuelle moyenne sera de 3,4 %, ce qui reflétera les ventes au détail au Québec. Dans une perspective à long terme, un déclin de la population active (au travail) influencera à la baisse les dépenses discrétionnaires en repas au restaurant

PAR FRANÇOIS PAGEAU, M. SC., PROFESSEUR DE GESTION À L’INSTITUT DE TOURISME ET D’HÔTELLERIE DU QUÉBEC

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