Natasha Desbiens : L’indispensable retour au jeu

5 septembre 2017 - Par Pierre-Alain Belpaire

« ÇA ME MANQUAIT ! » LA PHRASE RÉSONNE COMME UN CRI DU CŒUR. APRÈS CINQ ANNÉES À LA TÊTE DE L’ASSOCIATION HÔTELIÈRE DE LA RÉGION DE QUÉBEC, NATASHA DESBIENS A RETROUVÉ LE TERRAIN DES OPÉRATIONS EN PRENANT LES COMMANDES DU TRÈS MODERNE HAMPTON INN & SUITES BY HILTON, INAUGURÉ FIN MAI À QUELQUES ENCABLURES DU CENTRE DE LÉVIS. « LES CINQ ANNÉES PASSÉES À L’AHRQ FURENT PARTICULIÈREMENT INTÉRESSANTES, CONFIE-T-ELLE, SOURIRE AUX LÈVRES. CEPENDANT, QUAND L’OCCASION DE REDEVENIR DIRECTRICE GÉNÉRALE S’EST PRÉSENTÉE, JE N’AI PAS HÉSITÉ LONGTEMPS. LA PRISE DE DÉCISIONS, LA GESTION DU PERSONNEL, LE CONTACT AVEC LES CLIENTS, TOUT CELA ME MANQUAIT… »



Celle qui compte près de trois décennies dans l’univers de l’hôtellerie (dont 21 ans à la tête du Comfort Inn Beauport, du Westmont Hospitality Group) entend avant tout « prendre du plaisir ». « Le défi est vraiment excitant, s’enthousiasme-t-elle. En tout, 99 chambres, à la tête des ponts. Du corporatif, évidemment, mais aussi des touristes, de l’événementiel, du sportif : bref, une clientèle intéressante, variée, et beaucoup de projets à réaliser. C’est un nouveau chapitre pour moi – le début d’une nouvelle aventure. »

Son expérience au sein du regroupement des professionnels de la Capitale -Nationale fut néanmoins « des plus enrichissantes », poursuit-elle. Elle lui aura permis de mieux saisir « l’importance et la force du réseau » et donné l’occasion de côtoyer des personnalités diverses. « J’ai appris durant ces cinq années. Beaucoup appris, concède-t-elle humblement. Les membres de l’AHRQ me parlaient de leurs parcours, de leurs idées, des problèmes rencontrés. Moi, j’avais principalement évolué dans l’univers corporatif, mais au sein de l’Association, 80 % des hôtels sont des propriétés familiales. J’ai découvert cette autre facette du métier. »

Curieuse et passionnée, Natasha Desbiens s’amuse, s’interroge, s’intéresse. Et pose au passage un regard lucide et optimiste sur cette profession qu’elle aime tant. Si elle confirme ainsi que l’industrie hôtelière québécoise a connu des moments difficiles voici peu (« 2013, 2014… des années à oublier au plus vite ! »), elle considère que le pire est passé. « Les chiffres se sont nettement améliorés. Notre industrie se relève, j’en suis persuadée. » En plus de l’avantage indéniable offert par la situation du dollar canadien, la responsable estime que les hôtels de la province pourraient bénéficier du contexte international instable et tendu. « À la suite des événements tragiques survenus récemment en Europe, le Canada et le Québec en particulier apparaissent plus sécuritaires. C’est un critère de choix important pour les touristes américains. »

Malgré cette embellie, Natasha Desbiens garde la tête froide. Et répète à l’envi que les professionnels devront poursuivre leurs efforts, continuer d’innover et, surtout, rester unis. « Réussir dans l’hôtellerie est sans doute plus difficile que par le passé, glisse-t-elle. L’actuelle pénurie de maind’œuvre est véritablement inquiétante. Les OTA [1] sont aussi arrivées dans le décor et nous compliquent pas mal la tâche. Il ne faut pas que ces organismes aient la mainmise sur de nos établissements. Les bannières et les groupes peuvent s’organiser pour lutter contre ces nouveaux acteurs. Pour les particuliers, c’est plus délicat. Mais c’est ensemble que nous trouverons la solution ! »

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