Le touriste à vélo, client de choix pour les hôteliers québécois

10 avril 2017 - Par Pierre-Alain Belpaire

Le retour des beaux jours pousse bien des Québécois et touristes étrangers à enfourcher leur bicyclette pour s’aventurer sur les routes, vallonnées ou non, de la province. Dans son étude « Tourisme à vélo au Québec – Portrait de la clientèle » parue en 2015, la Chaire de tourisme Transat ESG-UQAM se donnait pour mission de « comprendre les besoins de la clientèle des touristes à vélo et d’en mesurer les retombées touristiques actuelles et potentielles ». Le portrait dressé sur base d’analyses et de statistiques pourrait, notamment, intéresser bien des hôteliers et aubergistes.

Qui sont ces passionnés sportifs ? Deux tiers des « cyclotouristes » (66 %) sont âgés de 46 à 65 ans. Les visiteurs hors Québec sont en moyenne légèrement plus âgés que les Québécois. Les femmes sont moins nombreuses à monter en selle (46 % contre 54 % d’hommes) mais sont généralement plus jeunes que leurs homologues masculins. Une large majorité des répondants (76 %) avaient fait du vélo leur principal moyen de transport à destination, 16 % faisaient du cyclisme leur « principale activité » durant leur séjour tandis qu’une faible portion des répondants (9 %) estimaient qu’avaler quelques kilomètres durant leur séjour n’était qu’une « activité parmi d’autres ».

Le rapport avec l’hôtellerie, me direz-vous ? Les nuitées, bien sûr ! « La durée de séjours de nos répondants varie grandement selon leur provenance, notaient les responsables de l’étude. Les Québécois ont une moyenne de près de 4 nuitées par séjour, alors que le segment hors Québec a une moyenne de plus de 7 nuitées par séjour. »

Principalement actifs en été (78 % des séjours cyclistes ont lieu en juillet ou en août), ces touristes dépensaient, en moyenne, 675 $ par séjour tandis que leurs dépenses quotidiennes s’élevaient à 213 $. « Un montant légèrement plus élevé chez le segment hors Québec, 243 $/jour, que chez les Québécois, 210 $/jour », relevaient les responsables de l’étude. Plus de 40 % de ces montants étaient consacrés à l’hébergement, soit bien plus que la restauration (23 %) et les autres postes de dépenses. « Plus les touristes sont vieillissants, plus la proportion des dépenses liées à l’hébergement et la restauration augmente. »

Si un tiers des cyclistes optent pour un séjour au camping, « les voyageurs utilisant leur vélo comme principal moyen de transport à destination privilégient aussi les gîtes, couette et café (29 %), les hôtels et auberges 3 étoiles (29 %) ainsi que les motels (19 %) ». Les deux autres catégories de cyclistes (ceux qui font du vélo leur activité principale une fois à destination et ceux pour qui ce n’est qu’une activité parmi d’autres) utilisent également ces établissements mais ont toutefois tendance à leur préférer un séjour chez des amis ou de la famille.

En mettant à la disposition de ces voyageurs particuliers du matériel (outils, pompes, ...) ou des emplacements sécurisés où laisser reposer leurs fidèles montures, les hôteliers québécois pourraient séduire ce public de plus en plus nombreux à sillonner nos routes. Et que les professionnels n’hésitent surtout pas à le mentionner sur leur site ou leurs réseaux : la grande majorité de ces voyageurs préparent méticuleusement leur séjour à deux roues…

(Crédit photo : pixabay)

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