Au moment du paiement

Le sans-fil prend sa place

1er décembre 2013

Par Piel Côté

Depuis l’époque des espèces sonnantes et trébuchantes utilisées pour régler l’auberge au Moyen-Âge, jusqu’à l’utilisation de cartes en plastique afin de ficeler la réservation du tout-inclus à partir d’une tablette au XXIe siècle, le mode de paiement dans les HRI a de tout temps été lié à l’évolution de la technologie.

Chez les restaurateurs, qui ont vu différents modes de paiement défiler à grande vitesse depuis 40 ans, la situation semble se calmer depuis l’apparition du terminal point de vente (TPV) sans fil, qui semble être l’évolution suprême de ce modèle.

« Honnêtement, c’est un long processus avant de mettre en place le sans-fil avec le logiciel de prise de commandes, nous avions beaucoup de tests et d’approbations à obtenir de Desjardins, mais le traitement de données est encore plus sécuritaire avec les technologies sans fil », mentionne Manon Doyon, chez Gesticaisse. Alors que Posera a sorti sa version sans fil avec Maitre’D plus tôt ce printemps, Veloce offre depuis cet automne les solutions sans fil Flex de Desjardins. Gesticaisse compte d’ailleurs déjà plusieurs clients intégrés à ces dernières.

« La puce sur les cartes de crédit était déjà sécuritaire, car il était impossible de faire une transaction sans le client, mais l’aspect pratique est aussi rehaussé, car le consommateur ne sera plus obligé de se déplacer », assure Mme Doyon.

Signe que l’avancée technologique du terminal point de vente sans fil est grande, les gens de Posera et de Veloce ne planchent actuellement pas sur d’autres innovations qui s’apprêteraient à voir le jour d’ici quelques mois. Ce TPV, version 2.0, devrait être là pour un bon moment, surtout que la marge d’erreur humaine diminue lorsque l’on pense que le serveur devait jusqu’à maintenant poinçonner manuellement le mode de transactions, tel qu’expliqué par Mme Doyon.

« On se tient quand même au courant des dernières technologies », soutient Michel Côté, l’un des fondateurs de Posera, qui a évoqué la possibilité que la prochaine vague de changement puisse être celle des paiements par téléphone intelligent. Selon lui, le marché de la restauration n’est pas si loin du jour où les clients paieront la facture avec leur téléphone. « Il y a plusieurs initiatives en cours avec de gros joueurs ; par exemple : Google avec son Google Wallet. Les cartes en plastique pourraient donc être amenées à disparaître », fait-il savoir.


Nouveautés Made in Québec

L’application Tchepa vient à peine d’arriver sur le marché, mais elle risque d’attirer rapidement l’attention des restaurateurs ! Tchepa permet aux clients d’accéder, grâce à leur téléphone intelligent, au menu correspondant au moment de la journée et à l’endroit (salle à manger, terrasse, bar, etc.) où ils se trouvent. Non seulement peuvent-il envoyer leur commande directement sur la tablette du restaurant, mais ils pourront également prépayer leur facture par la même occasion. Idéal pour les clients pressés à l’heure de pointe !

Le nom du client et son numéro de table sont acheminés avec la commande sur la tablette que l’établissement placera soit en cuisine, soit près du POS, afin de finaliser la facturation dans son système relié au module d’enregistrement des ventes (MEV).


Nouveautés Made in Québec

Sylvain Cormier, président de PosWebMenu est catégorique « c’est la seule solution combinant commande et paiement à distance qui est 100 % intégrée dans les logiciels de caisse ». Tous les clients qui utilisent soit l’application mobile ou le site Internet du restaurant pour commander et payer avec cette application deviennent autant de points de vente, puisque leurs données sont directement transmises au système de POS du restaurateur, éliminant ainsi les risques d’erreur lors de la transcription de la commande ou du mode de paiement. Autre avantage non négligeable : aucun achat d’équipement n’est nécessaire puisque, d’un côté, le client utilise son propre ordinateur, tablette ou téléphone intelligent, et de l’autre, le restaurateur voit le tout intégré à son système de caisse existant ! Finalement, contrairement à d’autres solutions de commande et de paiement à distance, le restaurateur n’a pas un pourcentage, mais bien des frais fixes à débourser pour chaque utilisation. Depuis son lancement en 2012, déjà une quarantaine d’établissements utilisent le système et des négociations sont en cours avec de grosses chaînes.

Information : www.poswebmenu.com, distribué au Québec par Services aux marchands GJ.


PAYER AVEC SON TÉLÉPHONE ?

Jeff Couture, de la compagnie Paiement Mobile Canada, croit que le paiement par téléphone intelligent sera pleinement installé d’ici cinq ans. Des chiffres de la firme KPMG Canada récoltés en 2010 et 2011 indiquaient d’ailleurs déjà que l’irruption du paiement à l’aide du téléphone mobile se ferait sous peu. Surtout si l’on se fie aux tendances de l’industrie bancaire.

Les institutions financières canadiennes devancent par ailleurs le grand public puisque 71 % d’entre elles ont déjà établi une stratégie de paiement mobile et 33 % offrent déjà un service.

Dans le cas de M. Couture, l’entrepreneur exploite le système Paiement Mobile Canada qui permet aux clients d’effectuer des paiements au moyen du téléphone intelligent du marchand. L’expansion de sa clientèle est une belle preuve de l’explosion à venir. Il comptait 274 clients l’an dernier alors qu’en 2013, son nombre d’utilisateurs a bondi à 15 000. Sans vouloir donner davantage de détails, M. Couture a également annoncé qu’une entente imminente avec un chef de file majeur de l’industrie des télécommunications au Canada pourrait permettre à son produit de se faire connaître par monsieur et madame Tout-le-monde.

« Notre produit fonctionne avec les quatre plateformes de téléphone intelligent, soit Windows, Android, iPhone et BlackBerry et il est EMV », souligne-t-il. Ce sigle signifie Europay Mastercard Visa ; il est le standard international de sécurité en matière de transaction avec les cartes à puce. Cela donne l’assurance au consommateur qu’il ne sera pas floué par une fraude quelconque, puisqu’il doit apposer son numéro d’identification personnel pour conclure la transaction.

UN MAL NÉCESSAIRE

Pour les clients, le moment du paiement est un « mal nécessaire » du point de vue d’Hélène Mercier Brulotte, conseillère marketing chez Desjardins. Assis confortablement au restaurant, on se passerait bien d’interrompre les discussions afin de sortir cartes ou argent liquide.

Pour cette raison, les modes de paiement, qu’ils soient sans fil ou mobiles, seront toujours amenés à s’améliorer, avance Mme Mercier Brulotte. « La convivialité et la facilité d’utilisation devront être au centre de tout. Qui plus est, les nouvelles technologies attirent les clients et, en plus de la qualité de la nourriture, la transaction effectuée avec les derniers procédés de paiement offrira une valeur ajoutée à l’institution. »


Flex, deux nouvelles solutions de paiement semi-intégrées

Histoire de rendre le paiement aux tables plus rapide et plus efficace, le Mouvement Desjardins, en collaboration avec l’éditeur de logiciel de gestion et de point de vente Posera, présente une version améliorée des solutions de paiement semi-intégrées : Flex entourage et Flex nomade.

Ces solutions de paiement permettent notamment d’éliminer les erreurs liées à la double saisie du montant de la transaction – habituellement saisi une fois sur la caisse puis une seconde fois sur le terminal de paiement. Flex entourage permet d’initier les transactions directement à la table, alors que la solution Flex nomade offre la possibilité de procéder à une transaction complète au moment de la livraison à domicile. De cette manière, toutes les informations sont centralisées au sein d’un même système, simplifiant ainsi le contrôle administratif des affaires tout en permettant aux restaurateurs de jouir d’une plus grande flexibilité en matière de mode de paiement offert.


UTILE DANS LA RESTAURATION ET DANS L’HÔTELLERIE

Maintenant, des appareils comme le Square (voir encadré ci-dessous) et le système de Paiement Mobile Canada peuvent bien être mis au point, mais en quoi peuvent-ils être utiles dans la vie de tous les jours d’un commerçant ? Dans le domaine hôtelier, Jeff Couture mentionne que le paiement mobile pourrait se retrouver dans les mains du responsable du service aux chambres tout comme dans celles du préposé au stationnement. Quant à la restauration, M. Couture estime que l’on n’est pas si loin du moment où la commande pourrait être prise en salle à manger à l’aide d’une tablette ou d’un téléphone intelligent.

Un restaurant de Montréal innove déjà en ce sens depuis 2011. Alexandre Maher et ses comparses, du iBurger, situé à Montréal, ont développé un service informatisé de commande aux tables. Bien que l’ajustement ait été difficile lors des six premiers mois, cette nouveauté, qui reste inimitée au Québec, leur permet d’augmenter considérablement le nombre de clients avec un personnel limité sur le plancher.

« Nous avons mis deux ans à mettre le système sur pied, mais aujourd’hui, ça roule très bien, a soutenu M. Maher, sachant cependant que son service de prise de commandes ne fait pas l’unanimité chez tous les clients. Pour certains, c’est un gros plus, alors que d’autres préfèrent un serveur et une commande traditionnelle. »

Quant au secteur de la livraison, le filon est encore inexploité, mais on se doute bien que le paiement par téléphone cellulaire pourrait faire évoluer ce service.

Reste que chez les clients, les mentalités ne sont pas encore rendues à permettre ce genre de transactions par l’entremise du téléphone du marchand. Chez Posera, Michel Côté demeure prudent, car en plus du marchand qui devra adapter son arsenal, le client devra aussi effectuer une mise à jour de sa mentalité, pour reprendre les termes du jargon.

Les données recueillies par KPMG Canada montrent que la confidentialité est, pour plus d’un Canadien sur quatre, la réticence majeure à l’égard de ce nouveau mode de paiement, mais que pour 70 % d’entre eux, la renommée du fournisseur mobile pourrait à tout le moins soulager les craintes. KPMG Canada, dans son étude, a néanmoins déduit que l’indice de confiance envers les banques, les services de télécommunications et les fournisseurs de services de paiement est élevé.

« Ce ne sont pas tous les clients qui seront prêts à payer à l’aide de leur appareil intelligent, mais les jeunes adultes de la nouvelle génération ont toujours leur téléphone avec eux, alors on voit que cela se profile à l’horizon. Je dois dire que c’est une tendance lourde dans le monde, mais c’est encore très timide en Amérique du Nord », explique Michel Côté.

Par contre, les restaurateurs ou hôteliers n’acceptent pas tous encore le paiement sans contact ou le paiement sans fil, nous sommes donc encore bien loin du moment où il s’agira de la façon la plus commune de payer dans ces établissements.


Une transaction faciale

Square est une compagnie qui facilite les paiements avec les téléphones intelligents. La compagnie fondée en 2009 propose un lecteur de cartes qu’il suffit de brancher dans un téléphone intelligent pour accepter les paiements par carte Visa, American Express et Mastercard. Les paiements sont versés directement dans le compte bancaire lié au compte Square du marchand. Ce dernier doit ensuite poinçonner le paiement dans son POS. Attention, ce système n’est pas EMV, ce qui veut dire que le client n’aura pas à entrer son code d’identification personnel. Afin de contrôler l’identité de l’utilisateur, une fonction de signature à l’écran est offerte.

Le cofondateur de la compagnie, Jack Dorsey, à l’origine du célèbre réseau social Twitter, a donc levé son jeu d’un cran avec le Pay by Square, sorti en 2012.

Actuellement, aux États-Unis seulement, le client peut télécharger l’application Pay by Square sur son téléphone intelligent, lier sa carte de crédit et ajouter sa photo au compte. Lorsqu’il entre dans un magasin utilisant Pay by Square, le marchand est averti de la présence de son client grâce au GPS de l’application. Ne reste plus qu’à passer au comptoir, enregistrer les articles, le caissier vérifie l’identité du client avec un simple coup d’oeil en comparant la photo à laquelle il a accès par l’entremise de Square et le tour est joué ! En 2012, environ 75 000 boutiques utilisaient le système aux États-Unis, dont la chaîne bien connue Starbucks.


COMPATIBLE AVEC LE MEV ?

Le terminal point de vente sans fil semble donc s’installer comme l’outil de choix et les gestionnaires ne se plaindront pas de ce répit technologique, surtout après l’avènement du module d’enregistrement des ventes (MEV). Apparu en 2009 et rendu obligatoire en novembre 2011, ce nouvel outil imposé par le gouvernement avait compliqué la tâche de bien des restaurateurs, mais également celle des développeurs des divers logiciels de vente.

Michel Côté, l’un des fondateurs de Posera, qui offre le logiciel Maitre’D, explique qu’il y a eu « beaucoup de travail de développement à faire, mais une fois que celui-ci est terminé, inclure le MEV dans les nouvelles innovations est relativement simple ».

Quant au système de Paiement Mobile Canada, Jeff Couture souligne que chacune des transactions sera synchronisée avec la caisse ou bien transférée dans le système externe comme Maitre’D et Veloce, se retrouvant ainsi facilement dans les données du MEV.

Interact suit la vague

La société Interact entame elle aussi un virage vers le sans fil. Depuis mars dernier, le service Flash Interact Mobile fait son chemin dans les commerces canadiens. Après avoir téléchargé l’application sur son téléphone, le client peut procéder au paiement sans contact en tenant son appareil devant le terminal Interact Flash de l’établissement. Ce service est rapide et sécuritaire ; gageons qu’il gagnera en popularité, notamment dans les restaurants à service rapide. La première transaction du genre a d’ailleurs été effectuée dans un restaurant McDonald de Toronto en mars dernier.

Information : www.interac.ca


Commande en ligne : Paillard fait le saut

La boulangerie : l’une des professions les plus anciennes de l’histoire du monde et pourtant rien ne l’empêche d’innover ; surtout lorsque le service à la clientèle en tire profit ! C’est pourquoi le café-boulangerie Paillard offre maintenant la possibilité de passer des commandes directement en ligne sur le site ou à l’aide d’un appareil mobile, en parcourant le menu virtuel de l’entreprise. Ainsi, les clients n’ont plus à faire la file au moment de récupérer leur commande dans l’une des deux succursales de l’entreprise puisque le système leur permet également de payer immédiatement leur achat par carte de crédit et d’indiquer l’heure approximative de leur visite. Pour Yves Simard, propriétaire-fondateur de Paillard, c’est une étape de plus pour mieux servir sa clientèle car cette dernière est de plus en plus pressée. Théoriquement, elle ne passera pas plus de soixante secondes à l’intérieur du restaurant. Efficace, vous-dites ?


Breadcrumb, le système de point de vente de Groupon (États-Unis)

Groupon offre, depuis quelques mois aux États-Unis, un système de point de vente à petit prix, spécialement conçu pour les petits et moyens restaurants. Que ce soit un dispositif permettant de prendre les paiements par carte de crédit au moyen d’un téléphone intelligent ou d’un système de point de vente sur iPad, les solutions Breadcrumb de Groupon sont une option intéressante pour une entreprise qui débute en affaires. Breadcrumb n’est pas encore offert au Canada, mais Groupon dit travailler en vue d’atteindre les marchés internationaux. C’est à suivre !

Dans cette édition

L’induction
Plateformes de réservation
Les applications et nouveautés technos utiles en hôtellerie et restauration
LE 80/20 VERSION 2.0
LES FOURS COMBINÉS
Quand la technologie refroidit la facture



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