Le milkshake, version décadente

19 juin 2017 - Par Véronique Harvey

POUVEZ-VOUS CROIRE QUE SOUS CETTE MONTAGNE DE BISCUITS SABLÉS, DE GUIMAUVES, DE CRÈME FOUETTÉE, DE NOIX ET DE COULIS AU CHOCOLAT SE TROUVE UN MILKSHAKE ?



Oui, oui !

Oubliez le classique lait frappé à la vanille, popularisé par les diners américains des années 1950. La vague des milkshakes décadents, née en Australie à l’été 2015, a atteint le Québec et promet de vous en mettre plein la vue.

Remplies de saveurs, de couleurs, de textures et de sucre ( !), ces boissons glacées ont tout pour plaire. En fait, il n’y a aucune limite. Vous pouvez incorporer tout ce que vous voulez dans ce lait frappé, pourvu que ce soit sucré.

À vrai dire, plus c’est extravagant, plus les clients se l’arrachent.

La popularité de ces boissons lactées vient principalement des réseaux sociaux. En effet, difficile d’ignorer un gigantesque milkshake de trois pieds en faisant défiler son fil Instagram. Sans exagération, on peut dire que les proportions dépassent parfois l’entendement.

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Crédit photo : Deville Dinerbar

À un point tel que certains l’ont renommé le « freakshake ».

Mode d’emploi
Après avoir versé le fameux mélange de lait et de crème glacée dans le verre, on complète avec des garnitures plus farfelues les unes que les autres.

Barbe à papa, beignet, gâteau, cupcake, popcorn, confettis, bonbons, crème chantilly, céréales, biscuits, noix, tablette de chocolat... tout est permis !

Les garnitures peuvent être déposées sur les parois du verre ou en étages sur le dessus, pour finalement donner une pièce montée digne d’être exposée dans un musée. Bref, c’est hypersimple à réaliser : il suffit d’un peu d’originalité et de créativité.

Aujourd’hui, l’un des endroits les plus réputés pour ces fameux freakshakes est sans contredit le Black Tap, à New York. Il faut voir leurs créations plus grandes que nature pour comprendre le sens du terme « décadent ».

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Crédit photo : Burger Bar Crescent

À Montréal, le Burger Bar Crescent a également compris cette tendance et propose des milkshakes à faire saliver. Les amateurs de guimauve, de brownies ou de caramel salé seront servis, car la devise semble y être : « Il n’y a jamais trop de sucre. » Même son de cloche du côté du Deville Dinerbar de la rue Stanley qui propose notamment un shake aux saveurs du fameux biscuit aux pépites de chocolat Chips Ahoy !

Arômes particuliers
En plus de ses laits frappés classiques, la chaîne de restaurants Which Wich Superior Sandwiches, dont le siège social est à Dallas, offre des milkshakes en éditions limitées, au
goût de bacon et de Peanut Butter & Jelly.

« Notre shake au bacon a eu un gros succès auprès des milléniaux, en raison de son goût différent et unique », a déclaré la vice-présidente aux communications, Hala Habal, au magazine Nation’s Restaurant News. Toujours selon elle, les gens adorent les cafés infusés à froid. Il est donc tout à fait logique d’incorporer aussi cette saveur à des recettes de milkshake.

Version alcoolisée
De plus en plus, on voit également apparaître des versions alcoolisées du milkshake, alors mieux connu sous le terme de boozy shake.

« Les bars essaient de capitaliser sur la nostalgie et la gâterie en créant des versions pour adultes qui incluent des spiritueux ou de la bière », affirme Maeve Webster, présidente de la firme d’analyse de tendances Menu Matters.

À Montréal, pour d’excellents shakes alcoolisés, on se rend chez C’ChoColat de la rue Bishop. Moyennant un léger supplément, chacune des quatre recettes de laits frappés affolants servis dans des pots Mason peut être bonifiée d’une dose d’alcool. Par exemple, on suggère d’ajouter du Frangelico à la recette Matcha Matcha Man, dont le goût de noisette complémente parfaitement ce milkshake à la vanille, au thé vert et au chocolat blanc.

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Crédit photo : Black Tap, New York
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Crédit photo : C’ChoColat

La chroniqueuse bières de CBC News, Rebecca Whyman, prévoit même que la prochaine grande tendance du monde brassicole pourrait être le milkshake IPA : une bière houblonnée à laquelle on ajouterait du lactose pour la rendre épaisse, laiteuse et sucrée.

« Utiliser les mots "laiteux" et "fruité" pour décrire de la bière ne semble pas très appétissant, mais croyez-moi, les milkshakes IPA sont délicieux et très accessibles », a-t-elle déclaré.

Remplacer le lait...

Pour répondre aux restrictions alimentaires de plus en plus nombreuses des clients, il est possible de remplacer le lait de vache par du lait d’amande, de noix de coco ou de soya, par exemple. Ces solutions de rechange santé ajoutent des arômes fort intéressants aux milkshakes, tout en conservant la texture lactée tant appréciée. Bref, le milkshake 2.0 constitue la meilleure façon d’ingérer sa dose mensuelle de sucre... en quelques gorgées seulement !

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