Le café équitable : une solution ?

19 mars 2008

Une réglementation assez serrée régit le commerce équitable du café de par le monde. Au Canada comme ailleurs, un organisme se charge d’accorder les accréditations et de vérifier si tout le monde respecte bien les règles du marché. Au Canada, il s’agit de TransFair. Les cafés certifiés équitables sont achetés à des coopératives ou à de petits producteurs de café à des prix qui leur permettent d’assurer leur subsistance. La transaction se fait par l’intermédiaire de TransFair à qui les acheteurs doivent verser une certaine somme d’argent pour assurer les frais de ce type de transaction. Certaines entreprises s’assurent même de la certification biologique en plus telles que A. L. Van Houtte et Toi, Moi & Café.

Pour ouvrir un dossier, les entreprises d’importation et de transformation doivent débourser 250 $ et payer des redevances à TransFair. Prenons l’exemple du café : les entreprises vont débourser un maximum de 0,36 $ du kilogramme de café torréfié en redevances et ce prix diminuera selon la quantité vendue. De plus, une entreprise qui ne vend que du café équitable verra sa facture diminuer de 10 %.

M. Dany Marquis, de la Brûlerie du Quai, reste déçu de son expérience avec le café équitable. Même s’il parvient à offrir un prix intéressant à sa clientèle, il a l’impression que trop d’intermédiaires le séparent du producteur, ce qui ne lui permet pas d’entretenir une relation suivie avec ce dernier. Selon lui, environ 5 % de la population est prête à payer le prix du café équitable et la majorité des gens ne comprennent pas vraiment ce que ça implique. Il trouve décevant également l’attitude d’Équiterre dans le dossier. L’organisme a grossi l’offre, selon M. Marquis, et ce sont les grosses chaînes qui se sont emparés de tout le marché. M. Istanboulian, de Toi, Moi & Café, pour sa part, souligne la nécessité d’avoir un organisme comme TransFair qui s’occupe de vérifier que tout est en règle. Ce dernier a d’ailleurs entré de plain pied dans le mouvement. « Quand l’engouement pour le café équitable est arrivé, j’ai convaincu mes fermiers de joindre une coopérative. » Aujourd’hui, plus de 50 % de ses cafés sont certifiés équitables et biologiques. Le défaut de la cuirasse, selon lui, c’est l’écart entre les besoins et la production effective. Parfois, un importateur a trop commandé de café, ou la récolte est perdue, ce qui amène une pénurie. En plus de tout ça, des spéculateurs agissent sur le cours du café. M. Istanboulian a tenu à faire remarquer que la certification équitable, et même biologique, ne garantit pas un café d’excellente qualité ni de bon goût. Équitable signifie transaction commerciale éthique et biologique signifie culture sans produits chimiques. Sans de plus, rien de moins. Il est faux de croire que ce sont tous des cafés exceptionnels. Tout dépend du producteur.

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