Santé et sécurité au travail présenté par l’ARQ

La santé psychologique au travail

4 décembre 2012 - Par Caroline Rodgers

Ce quatrième article d’une série sur la santé et la sécurité au travail présente les enjeux de la santé psychologique au travail et la prévention du harcèlement.



Il y a 15 ans, 30 % des absences au travail étaient reliées à la santé mentale. Aujourd’hui, ce pourcentage se situe plutôt entre 50 % et 60 %, et 22 % des Canadiens disent souffrir de dépression, selon l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés. De plus, selon Statistique Canada, plus de 3,4 millions de Canadiens souffrent d’épuisement professionnel. Comme tous les milieux de travail, les HRI n’échappent pas à cette tendance. Il existe cependant des moyens de prévenir en partie les problèmes de santé mentale au travail.

Prévention : les besoins psychologiques fondamentaux

Au-delà d’un gagne-pain, le travail sert aussi à répondre à des besoins psychologiques. Les recherches en psychologie organisationnelle ont démontré que les humains ont en commun trois besoins psychologiques au travail, et qu’ils fonctionnent mieux lorsque ces besoins sont comblés. En créant un milieu de travail qui répond à ces besoins, on réduit les risques de détresse psychologique, d’épuisement professionnel et d’absentéisme¹.

1) Besoin d’autonomie. Les travailleurs ont besoin de sentir qu’ils ont un certain pouvoir décisionnel pour organiser leurs tâches et contrôler leur environnement de travail. Ils apprécient donc qu’on les consulte sur les décisions qui concernent l’organisation du travail. Il est donc souhaitable de faire savoir aux employés qu’ils peuvent s’exprimer sur les changements à apporter et faire des suggestions pour améliorer l’environnement et les méthodes de travail. Plus on donne un contrôle au travailleur sur son environnement de travail immédiat, meilleure sera sa santé psychologique.

2) Besoin de compétence. Les travailleurs ont besoin de se sentir compétents, efficaces et capables d’accomplir les tâches qu’on leur confie. Il est donc important de leur fournir tous les outils, la formation et les ressources nécessaires pour accomplir le travail demandé, atteindre les objectifs et progresser.

3) Besoin d’affiliation ou d’appartenance. Les travailleurs ont besoin de se sentir acceptés au sein d’un groupe ou d’une équipe et de créer des liens avec leurs collègues. E n favorisant une bonne communication au sein de l’entreprise, en prenant le temps d’accueillir les nouveaux employés et de les intégrer, en organisant des activités sociales et des occasions de mieux se connaître, on crée des conditions favorables pour répondre à ce besoin.


Quelques outils

La Commission des normes du travail fournit gratuitement une trousse d’information sur le harcèlement psychologique ainsi que des capsules vidéo sur le sujet. On y trouve également un outil d’autodiagnostic sur le bien-être en milieu de travail.

L’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés propose également une trousse d’information et de prévention de la violence au travail en ligne. __________________________________________________________

Harcèlement et violence

La Commission des normes du travail définit le harcèlement psychologique comme suit : « une conduite vexatoire qui se manifeste par des comportements, des paroles ou des gestes répétés qui sont hostiles ou non désirés, qui portent atteinte à la dignité ou à l’intégrité psychologique ou physique du salarié, et qui rendent le milieu de travail néfaste ».

Une conduite vexatoire est une conduite humiliante, offensante ou abusive pour la personne qui la subit. Elle blesse la personne dans son amour-propre et l’angoisse. Elle dépasse ce qu’une personne raisonnable estime correct dans le cadre de son travail.

En tant qu’employeur, la Loi sur les normes du travail vous oblige à fournir à vos salariés un milieu de travail exempt de harcèlement psychologique. Il s’agit toutefois d’une obligation de moyens et non de résultats, ce qui veut dire que l’employeur ne peut pas garantir qu’il n’y aura jamais de harcèlement dans son entreprise, mais qu’il doit prévenir toute situation de harcèlement par des moyens raisonnables. Il doit également agir pour mettre fin au harcèlement dès qu’il en est informé, en appliquant des mesures appropriées et les sanctions nécessaires. L’employeur doit également gérer son entreprise de façon à prévenir le harcèlement, en mettant en place un mécanisme interne lui permettant d’être informé de ces situations et de les traiter lorsqu’elles surviennent. Dans une petite entreprise, l’employeur doit informer tout son personnel qu’il s’engage fermement à prévenir et à faire cesser tout harcèlement psychologique au travail, et il le lui rappelle régulièrement².


- ¹ Source : Nicolas Gillet, Evelyne Fouquereau, Jacques Forest, Paul Brunault et Philippe Colombat. « The Impact of Organizational Factors on Psychological Needs and Their Relations with Well-Being », Journal of Business and Psychology, décembre 2011.

- ² Source : Commission des normes du travail


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