Groupe Antonopoulos

5 décembre 2016 - Par Catherine Maisonneuve

Les frères Tony et Costa Antonopoulos ont quitté la Grèce pour immigrer au Canada vers la fin des années 1970. Le petit casse-croûte sans prétention qu’ils ont ouvert en 1973 est devenu, dix ans plus tard, le Vieux-Port Steakhouse. En 1996, lors de l’ouverture de leur premier hôtel appelé Auberge du Vieux-Port, l’hôtellerie était absente du Vieux-Montréal ; les frères Antonopoulos ont été parmi les premiers à investir dans ce quartier où leur entreprise compte maintenant 13 restaurants et de 5 hôtels [1].

LE SENS DE L’HOSPITALITÉ DES ANTONOPOULOS

Lorsqu’on lui demande quelle est la vision de l’hospitalité dans sa famille, Dimitri Antonopoulos, vice-président marketing et développement, répond : « En grec, "hospitalité" se dit philoxenia, ce qui signifie "accueil chaleureux", comme si tu recevais un étranger chez toi. Dans nos établissements, nous voulons recréer cette philosophie d’un contact plus intime et personnel entre l’aubergiste et le client. »

Le succès surprise de leur premier hôtel a sans contredit été un événement marquant pour le groupe Antonopoulos. Rapidement, on réalise que le produit fonctionne et qu’il existe bel et bien une demande pour des établissements hôteliers du genre dans le quartier. Une très bonne critique dans le New York Times précipitera les choses pour le groupe lorsque l’Auberge du Vieux-Port est nommée parmi les « trois meilleurs endroits au Canada pour se ressourcer ».



L’IMPORTANCE DES CLIENTS LOCAUX

Une entreprise familiale qui gère cinq hôtels indépendants entre nécessairement en compétition avec les géants de l’industrie, aujourd’hui bien installés dans le quartier. Leur stratégie pour se démarquer ? Proposer des concepts intimes et surtout… montréalais. Les hôtels sont tous logés dans des bâtiments historiques et mettent en valeur artisans et artistes du Québec. « Notre vision d’entreprise, c’est qu’il faut toujours penser aux gens de la place. C’est bien d’ouvrir des endroits pour les touristes, mais nous voulons proposer des concepts qui sont très montréalais à la base et qui vont donc aussi plaire aux résidents ; on souhaite que les Montréalais fréquentent nos établissements. »

Le Groupe Antonopoulos choisit de prendre de l’expansion et d’investir dans des secteurs où l’hôtellerie est moins présente. Cela explique en partie pourquoi il a ouvert le William Gray près de la place Jacques-Cartier. « L’ouest du Vieux-Montréal se développait dans le créneau de luxe, mais on trouvait que, globalement, il manquait de momentum dans l’est. »

L’équipe ne chôme pas et est constamment en train de se questionner sur la façon d’améliorer son offre pour demeurer compétitive. En plus d’agrandir et de moderniser sans cesse ses établissements, la famille Antonopoulos les équipe des plus récentes technologies afin que le client soit le plus à l’aise possible, comme s’il était à la maison.

« Le client, aujourd’hui, recherche une expérience authentique. Il ne veut plus de luxe manufacturé, il demande quelque chose de personnalisé. Aussi, l’hôtel fait partie de l’expérience du voyage. Ça ne suffit plus d’avoir une belle chambre : il faut un beau lobby, un bon café, etc. Tous les aspects de l’établissement doivent être intéressants pour le client. » – DIMITRI ANTONOPOULOS

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