Gaspillage alimentaire : « Les notions de cuisine se perdent »

7 décembre 2017 - Par Katherine Boisvert

- Plus de 31 milliards de dollars : telle est la valeur des aliments gaspillés chaque année au Canada.
- En France, on estime qu’on jette annuellement 10 millions de tonnes de nourriture et que le citoyen est responsable d’environ 60 % de ce gaspillage alimentaire.
- Selon une étude du Value Chain Management Center datant de 2014, au Canada, le gaspillage alimentaire se fait d’abord à la maison (47 %), puis dans les secteurs de la transformation (20 %), de la production (10 %), de la vente au détail (10 %), de la restauration et de l’hôtellerie (9 %) et du transport et de la distribution (4 %).

Afin de favoriser les discussions et d’encourager les bonnes pratiques, différents intervenants se sont réunis le 5 décembre lors de la conférence L’alimentation durable et responsable, organisée par Sopexa, en collaboration avec le Ministère français de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Qu’ils soient Français ou Québécois, les différents intervenants s’entendent sur une chose : les notions de cuisine se perdent, ce qui facilite le gaspillage. Mais ils croient aussi qu’on doit mettre davantage l’accent sur la valorisation des aliments. « On a oublié de transmettre l’histoire du produit, souligne Dorothée Briaumont, directrice de SOLAAL, une association française qui facilite les dons entre les agriculteurs et les associations d’aide alimentaire. C’est plus facile de jeter quelque chose qui n’a pas de valeur. » Une opinion partagée par Alexis Fortin, conseiller affaires environnementales chez Metro Inc., qui estime qu’identifier le producteur peut encourager à moins gaspiller.

Accompagnement et défiscalisation

Mais le gaspillage ne concerne pas que les particuliers : c’est également un enjeu important dans l’industrie alimentaire. Au Canada, le secteur de la restauration et de l’hôtellerie serait ainsi responsable de près de 10 % du gaspillage alimentaire. Voici quelques-unes idées de nos cousins français afin de réduire les pertes :

- Défiscalisation : En France, le don alimentaire est encouragé par la défiscalisation. « Celui qui va donner, qu’il soit un particulier, un distributeur ou un restaurateur, va quantifier ce qu’il va donner et ensuite, ce sera défiscalisé sur ses impôts, explique Héloïse Gaborel, chargée de Mission Prévention et Gestion des déchets à la Fédération France Nature Environnement (FNE). C’est intéressant parce que ça encourage les dons alimentaires, mais ça évince complètement une question clé : pourquoi gaspille-t-on ? »

- Accompagnement : L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) accompagne des entreprises afin de leur montrer quelle marge de réduction elles ont pu faire sur le gaspillage alimentaire et quelles économies elles ont pu réaliser. « L’idée est de montrer que chaque acteur a un pouvoir d’action très important, décrit Héloïse Gaborel. Ça remet en cause les habitudes professionnelles, car le restaurateur constate qu’avec des changements peu coûteux, il peut arriver à des résultats impressionnants. »

- Effets rebonds : Certains restaurateurs choisissent de réduire le gaspillage alimentaire de manière volontaire. Selon Héloïse Gaborel, ces derniers voient souvent des effets positifs, ce qui les encourage à poursuivre sur cette voie. « Le restaurateur qui va réduire le gaspillage alimentaire va générer des économies. Il pourra ensuite réinvestir ces économies de manière un peu vertueuse en achetant des produits de qualité à des producteurs locaux qui produisent de manière biologique. »

- Cantines scolaires : Le projet « 1 000 écoles et collèges contre le gaspillage alimentaire », mis en place par l’ADEME, permet de financer des actions d’accompagnement dans les établissements scolaires. Le but : sensibiliser l’élève à ce qu’il mange et aider les employés des cantines scolaires à limiter les pertes à la préparation et le gaspillage dans les assiettes.
 
 
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