Personnalité HRI

Demetre Triantafyllou

La restauration tatouée sur… un grand cœur

2 septembre 2016 - Par Marie-Carole Daigle

Propriétaire et directeur du Tuscanos de Québec, Demetre Triantafyllou fait partie du paysage québécois de la restauration depuis près de 50 ans. Sage et allumé, le restaurateur d’origine grecque est de tous les rassemblements de l’industrie, où il sait tant écouter que faire entendre son point de vue. Portrait d’un amoureux fou de son métier.

« Être restaurateur, c’est échanger avec le client pour le connaître et voir comment je peux lui faire plaisir, lui permettre de passer une belle soirée lorsqu’il vient chez moi avec ses proches… explique M. Triantafyllou. J’ai des clients qui me visitent depuis plus de 10 ans. Je connais leurs enfants, je vieillis avec eux : c’est magnifique ! Chaque métier a ses beautés, mais le bonheur que j’ai en restauration, je ne pense pas que je pourrais le trouver ailleurs. »

Compte tenu d’une telle attitude, pas surprenant que l’homme ait mérité une succession de prix Grande Distinction, Coup de cœur, Hommage et autres au fil des ans !

Invitation à la relève
Demetre Triantafyllou s’interroge cependant sur l’avenir de la restauration au Québec. « J’aimerais tellement que plus de jeunes se dirigent en restauration ! plaide-t-il. Depuis quelques années, on dirait qu’on n’en a que pour l’hôtellerie. La restauration, elle, se dirige vers une importante pénurie de main-d’œuvre. Il faudrait que la profession soit davantage reconnue, pour insuffler la passion du métier à la jeunesse. Les écoles hôtelières ont un grand défi devant elles : les jeunes ont besoin d’un boost pour avoir envie de devenir cuisiniers, maîtres d’hôtel ou sommeliers et ne pas se décourager avant d’y parvenir. Le plus beau cadeau que je pourrais avoir, ce serait d’entendre un jour des jeunes dire "Je veux aller en restauration" comme on les entend aujourd’hui dire "je veux être avocat"… »

La fibre de l’engagement
« Demetre a compris qu’un bon restaurateur ne se contente pas d’être à l’accueil de son établissement : ça se passe autant au resto qu’à l’extérieur, souligne l’éditeur de HRImag, Robert Dion, qui le croise régulièrement dans diverses activités de l’industrie. Qu’il s’agisse d’une rencontre d’envergure provinciale, régionale ou locale — Demetre va même aux ouvertures de restaurant pour y saluer ses compétiteurs — il est présent, il prend position et il passe de la parole aux actes. »

Parce qu’il y a « de la vie après le resto », Demetre consacre aussi une partie de son temps et de son énergie à l’engagement sociétal. Le Club Lions Québec L’Ancienne Lorette, le club Rotary, le Restolove de Moisson Québec, Enfant Soleil et le Carnaval de Québec sont des exemples d’organismes qui ont reçu bon accueil après avoir frappé à sa porte. « Bien souvent, ce sont des clients fidèles qui me demandent si je veux appuyer leur cause, précise-t-il. Je trouve que ma participation crée ensuite une belle complicité avec eux. Est-ce que tous ces engagements ont un impact sur ma vie personnelle ? Ça se peut, laisse-t-il tomber d’un ton songeur. En fait, je ne vais pas jouer au golf, je ne vais pas à la pêche ni à la chasse, mais je consacre du temps à des causes sociales. C’est un choix que j’ai fait, et j’en suis heureux. Je suis maintenant entouré d’une bonne équipe d’une soixantaine de personnes : je peux donc quitter un peu le resto pour le faire. Et si cela signifie que je devrai travailler le jour de mon anniversaire, qu’à cela ne tienne, car des clients viendront sûrement me souhaiter bon anniversaire, et cela me touchera au fond du cœur. »

Un cœur qu’il a bien grand…

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