Chocolat rose : Une « révolution » qui se fera quelque peu attendre

7 septembre 2017 - Par Pierre-Alain Belpaire

Dévoilée en début de semaine, l’annonce a provoqué des réactions étonnées, gourmandes, interloquées, voire hystériques de par le monde : le géant suisse Barry Callebaut a présenté, à Shanghaï, un chocolat tout beau, tout neuf et, surtout, … tout rose. L’industriel suisse l’assure : Ruby, c’est son petit nom, n’est pas le résultat d’un chimique processus et aucun arôme ni colorant n’entre dans sa fabrication. Son teint rosé et son léger goût fruité viendraient plutôt des cabosses sélectionnées et de procédés d’extraction et de fermentation, qui restent pour l’heure - bien évidemment - secrets.

Particulièrement fiers de leur coup, les dirigeants de Barry Callebaut n’ont pas hésité à comparer l’importance de cette « découverte » aux premières utilisations du chocolat blanc par Nestlé voici plus de 80 ans. « C’est une comparaison osée, dirais-je. Il faudra féliciter l’équipe du marketing, sourit le chef pâtissier montréalais Patrice Demers. Il n’est pas rare que les fabricants s’emportent un peu en présentant leurs créations. Voici quelques années, Valrhona avait par exemple lancé un "chocolat blond", en le présentant comme la "quatrième famille de chocolat". Ce qu’il faut plutôt retenir de cette annonce, c’est que le milieu du chocolat et, plus largement, de la pâtisserie est en pleine évolution. Et ça, c’est une excellente nouvelle ! »

Si son aspect « révolutionnaire » prête donc à discussion, la nouvelle n’en a pas moins provoqué un véritable émoi sur la scène gastronomique. Chefs et amateurs de toute la planète ne rêvent désormais que d’une chose : goûter au rosé trésor. « Je crains qu’ils ne doivent patienter encore quelque peu, tempère Nicolas Butelet, responsable des ventes régionales Québec et Maritimes au sein du groupe Barry Callebaut. Pour l’heure, il n’est pas question de vendre ce produit, nous en sommes encore au stade du concept, de la découverte. »

En choisissant de présenter Ruby à Shanghaï, l’industriel a clairement démontré son intention de conquérir l’immense marché chinois. Les consommateurs asiatiques pourraient d’ailleurs être les premiers à voir débarquer sur leurs tablettes et présentoirs ce chocolat rose. « Mais ce ne sera pas avant quelques années, répète Nicolas Butelet. Et ce sera malheureusement encore un peu plus long pour les Québécois. »

Même si les Canadiens restent généralement fidèles au chocolat noir, il y a fort à parier qu’une fois ce (long) délai écoulé, les amateurs se précipiteront sur ce curieux produit. « J’ai déjà bien hâte d’y goûter, glousse Patrice Demers. Un chocolat naturellement rose ?! Vous imaginez toutes les créations et déclinaisons possibles ? »

On imagine, on imagine… et on salive.

(Crédit photo : Barry Callebaut)

Pour suivre Barry Callebaut :
- Sur le Web : barry-callebaut.com
- Sur Facebook : Barry Callebaut Group
- Sur Twitter : @BCgroupnews

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