Anne Tremblay et le Bâton Rouge de Sainte-Foy

20 octobre 2016 - Par Marie-Carole Daigle

La nouvelle adresse — le centre commercial haut de gamme place Ste-Foy — avait un pouvoir d’attraction indéniable. Mais comment donner une atmosphère chaleureuse à un local doté de trois points d’accès (dont un par escalier roulant) et des plafonds de près de 30 pieds ?



« Pour avoir déjà travaillé avec la designer Anne Tremblay, nous savions qu’elle était d’avant-garde et qu’elle excellait dans la recherche de produits novateurs à prix raisonnable, rappelle Yve Beaudoin, vice-président directeur général, Développement des affaires, du Groupe D Resto, et propriétaire de la franchise Bâton Rouge de Sainte-Foy. Le siège social m’avait donné quasi carte blanche pour créer un nouveau concept de Bâton Rouge. Je savais qu’un travail d’équipe avec elle nous donnerait tout un coup de jeunesse. » Pour diriger vers une seule et même réception la clientèle arrivant de trois provenances différentes, on a créé un effet d’entonnoir qui centralise l’espace.

Jamais sans notre cuivre

On tenait à donner dès l’entrée la vedette au cuivre qui fait la marque des restos Bâton Rouge, reconnus pour leurs hottes faites dans ce matériau noble. On le voit ici parant le mur d’accueil. Il orne aussi une autre pièce maîtresse : le mur courbe du foyer.

Un superbe effet « wow »

Impressionnant espace vitré pleine hauteur offrant une vue à 360 degrés, le salon VIP est à la hauteur de la réputation des établissements Bâton Rouge : hyper confortable. De nombreuses tables sont dotées d’un canapé en guise d’assise. Faits sur mesure, ils ont une hauteur de banquette mais, contrairement aux banquettes traditionnelles, ils peuvent être aisément déplacés, ce qui donne une grande flexibilité aux lieux. Le tissu de recouvrement provient de Momentum Textiles : « Un tissu demande un peu plus d’entretien, mais nous tenions à privilégier le confort, souligne Anne Tremblay. Le soir, l’éclairage des boules de verre donne tout un "punch" au boulevard Laurier ! », ajoute-t-elle. Les passants et automobilistes ne peuvent que remarquer cette salle qui brille de mille feux

Zigzag gagnant

Les cabines de cette section ne figuraient pas au plan initial ! Philosophe, la designer a transformé un pépin inattendu en avantage : « Il fallait camoufler un tuyau qui ne devait pas être là... Au lieu de garder une colonne apparente, nous avons tiré parti de la contrainte et créé des cabines pouvant accommoder une dizaine de personnes, avec vue sur la cuisine. Finalement, elles sont très demandées par les familles et les gens qui viennent en lunch de travail. ».

Chaque contrainte a sa solution

Comme les plafonds sont très hauts, les longues suspensions ramènent ici les lieux à une échelle plus humaine. « Pour l’éclairage ponctuel, nous ne pouvions pas installer de lampe au-dessus de chaque table, puisque nous voulions un aménagement malléable, un espace qui bouge », rappelle Anne Tremblay. Son truc aura été de choisir des lampes sur pied, faciles à déplacer. En absorbant le bruit, la moquette ajoute à l’atmosphère de tranquillité de cette section.

Un condensé d’astuces architecturales

Pour que cette section ouverte sur le corridor du centre commercial soit chaleureuse, on l’a dotée de banquettes rondes formant autant de petits cocons. Comme le muret de droite sépare la salle du passage menant aux toilettes, on a prévu un revêtement mural en tissu acoustique noir qui estompe le bruit. Il est orné de créations de la série Art corrosif de la photographe Caroline Bergeron, imprimées sur plexiglass pour ajouter de la brillance. Le plafond en lattes de bois suspendues aura été un immense défi. « Nous avons réglé le problème de poids en dénichant le contreplaqué de bois décoratif Lightply, fait par la compagnie Husky. Ce carton très épais plaqué de bois a l’apparence et la texture du bois naturel, mais la légèreté du carton. Son utilisation nous a permis de faire un petit miracle : ramener élégamment le plafond à une hauteur de 12 pieds. »

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