Alain April : Optimiste face à la nouvelle génération d’hôteliers

5 décembre 2016 - Par Pierre-Alain Belpaire

Optimiste face à la nouvelle génération d’hôteliers



Les contraintes, les sacrifices, les horaires… Précédé par trois générations d’aubergistes, Alain April connaissait tous les aspects sombres de l’hôtellerie avant de décider d’en faire son métier. « Mais ça ne m’a jamais freiné. J’aimais cet univers. J’en mangeais dès mon plus
jeune âge. »

Après avoir été formé à l’ITHQ, le natif de Notre-Dame-du-Portage entre à l’hôtel Le Bonne Entente en 1991. « Mes premiers employeurs, messieurs Pomerleau et Dutil, étaient de véritables entrepreneurs, ils faisaient confiance à leurs employés, leur donnaient des responsabilités. Ça a eu beaucoup d’impact sur le reste de ma carrière. » Malgré plusieurs propositions alléchantes, Alain April n’a jamais quitté le célèbre établissement de Sainte-Foy. « Dans d’autres structures, dans une chaîne internationale, je n’aurais sans doute pas pu avoir autant de liberté, autant de défis », explique celui qui se définit comme un « développeur ».

Durant ces 25 années, Alain April s’est bâti un impressionnant réseau, en s’impliquant notamment dans de nombreux comités et organisations. « Tu ne peux pas grandir en étant individualiste. Tu dois toujours te demander comment tu peux redonner à ta collectivité, lui rendre ce qu’elle t’a apporté », glisse-t-il. Le gestionnaire semble également ravi à l’idée de jouer aujourd’hui un rôle de parrain, de sage. « Dans notre industrie, la compétition n’existe pas vraiment ; il y a plutôt un bel esprit de camaraderie, de confrérie. Plusieurs m’ont un jour pris sous leur aile ; à mon tour d’aider et d’accompagner les nouveaux venus. »

Ceux-ci forment une nouvelle génération à qui l’homme de 52 ans fait entièrement confiance. « Les jeunes ont manifestement compris que, pour réussir, il faut s’adapter à la clientèle internationale. Si on vise uniquement le public québécois, c’est la mort assurée, indique-t-il. Sur le plan de la technologie, ils ont évidemment beaucoup d’avance sur nous. Ils sont joignables, connectés, informés. Ils font des stages en Europe ou en Australie, ils connaissent des gens aux quatre coins du globe. Notre hôtellerie doit s’ouvrir au monde, et cette génération a tous les outils pour y parvenir. »

Et l’industrie hôtelière québécoise aura bien besoin de ce vent de fraîcheur si elle veut se faire une place sur l’échiquier, poursuit le propriétaire du Bonne Entente. « Car pour l’heure, soyons sérieux : on ne joue pas dans la même ligue. Nous ne sommes pas du tout considérés par les grands acteurs internationaux, fait-il remarquer. Mais les choses commencent peut- être à changer. Si nous avons été lents à réagir, nous ne sommes pas plus faibles que les autres. Il faut juste faire preuve d’humilité et accepter d’apprendre, d’aller voir ce qui se fait ailleurs. »

L’arrivée d’une nouvelle génération connectée, les bons résultats enregistrés durant les 18 derniers mois et l’intéressant contexte économique incitent toutefois à l’optimisme. « Il faut voir là l’occasion de mettre notre produit à niveau, de nous assurer que notre profitabilité est au plus haut pour diminuer nos dettes et investir davantage, conseille l’homme d’affaires expérimenté. Il faut toutefois faire bien attention de ne pas brûler ces bénéfices. Pensons à l’avenir, soyons prévoyants ! »

Qui dit « avenir » dit « descendance ». Et, sans surprise, celle d’Alain April souhaite, elle aussi, faire carrière dans l’hôtellerie. « D’ici quelques mois, mon fils devrait nous rejoindre pour participer au projet Entourage sur le Lac, confiet-il fièrement. La cinquième génération… »

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